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Mary-Noel Niba: «Le public camerounais n’aide pas le développement culturel de l’Afrique»

Écrit par  Kissy Abeng (stagiaire),

La cinéaste camerounaise revient sur les difficultés que connaît le septième Art en Afrique de manière générale et dans son pays en particulier.

Difficultés auxquelles essaye d’apporter une touche de solutions le festival Ecrans noirs, arrivé cette année sa 21ème édition.Toutefois, elle relève que cette industrie ne connaitra une réelle avancée qu’au moment où les valeurs du cinéma seront inculquées dès le bas âge et insérées dans les programmes scolaires et socio-culturels.

 

Quelles ont été les innovations du festival Ecrans noirs cette année?  

Cette année, on a mis en avant la série. Les organisateurs ont en plus de cela mis sur pieds le marché du film. C’est des innovations qui n’avaient pas lieu l’année dernière.

 

Quel est l’impact du festival Ecrans noirs dans le développement culturel de l’Afrique centrale ? 

Le festival Ecrans noirs  se tient chaque année et quand vous voyez comment on arrive à mobiliser autant de films, autant de cinéastes à travers le monde je crois que c’est un festival qui a un impact certain dans le développement culturel de l’Afrique centrale. Rendez-vous compte qu’on met dans un seul lieu, dans une seule ville ou plutôt dans deux villes avec Douala, la culture africaine entière. Comme tous les autres festivals dans le monde, il a pour objectif de présenter au public les films qui sont faits car comme vous le savez surement les films africains n’ont pas une distribution claire à travers  le monde. Il n’existe pas une organisation de la distribution du cinéma africain et donc les festivals généralement c’est des occasions de présenter les films qui viennent d’être produits. Cela veut dire qu’on a la chance de ramener au Cameroun les films qui sont faits partout et de présenter la culture africaine au public camerounais. Le festival Ecrans noirs au niveau de la sous-région Afrique centrale est très représentatif. Je pense aux escales documentaires qui s’occupent des documentaires, à «Tazama» qui est focalisé sur le film de femmes, ici au Cameroun je pense à «Mis me binga» qui porte  sur les films de femmes, je pense à «Yarrha» qui est tout nouveau et qui porte sur le premier film et également les films courts.  

Par ailleurs, il y a les festivals magrebins qui sont plus spécialisés dans la fiction, Marrakech qui prend aussi les films qui viennent de l’extérieur. Le festival Ecrans noirs prend tous les films africains dans tous les genres dont documentaires, fictions, court-métrage documentaires, court-métrages fictions.

 

Comment valoriser le cinéma au Cameroun si l’on sait qu’il existe un besoin réel en termes de diffusion?

Il faudrait que les Camerounais prennent l’habitude de venir aux différentes projections. Les cinéastes ont fait ce qu’ils ont à faire, les organisateurs de festivals ont fait ce qu’ils ont à faire, les producteurs produisent ; les organisateurs de festivals portent les films jusqu’au public, maintenant c’est à lui de faire ce qu’il a à faire, se nourrir culturellement de ces films. Donc le festival Ecrans noirs c’est une occasion, voire une opportunité de présenter au public camerounais et africain la production cinématographique qui porte  la culture africaine. 

C’est trop facile de dire qu’il n’y a pas de salle mais le cinéma est une industrie, un business comme je le disais plus haut où chaque acteur doit jouer son rôle, du réalisateur jusqu’au spectateur. Avant il y avait des salles, les gens y allaient, payaient et entraient. Quand le festival  prend sur lui d’organiser la projection des films cela ne se fait pas en plein air. Vous êtes d’accord avec moi que les salles actuelles utilisées pour ces films ne sont pas des salles idoines, des salles qui respectent les normes du cinéma, mais plutôt des salles qui permettent au public de venir regarder les différents films projetés. Il y a eu cinq salles dans lesquelles ces films ont été programmés pendant toute la durée du festival. Tout ce qu’on demandait aux gens c’était d’aller les voir. Le cinéma demande que chacun ait une responsabilité individuelle. Ceci ne relève donc pas d’un problème de salle mais de mentalité, d’éducation et de responsabilité. On ne va créer d’autres salles que si on voit l’engouement. Mais si les gens n’y vont pas pourquoi voulez-vous qu’un homme d’affaires décide d’en ouvrir à nouveau ? Alors que les quelques-unes qui sont là on ne voit pas les gens y aller. Quand on ouvre une salle on voudrait que les gens payent, on aimerait investir ; on voudrait qu’en retour il y ait des recettes qui aideraient par la suite aux potentiels promoteurs d’acheter des films pour les présenter dans ces salles. 

Le festival a la chance d’avoir des personnes qui envoient leurs films. Si les organisateurs des Ecrans noirs se rendent compte qu’ils mettent beaucoup d’argent et que les salles continuent d’être vides, à un moment ils vont se décourager. Le public camerounais n’aide pas du tout le développement culturel de l’Afrique. Ne soyez donc pas surpris que demain il n’ait plus de festivals au Cameroun et que par exemple on ne parle que du Fespaco où les burkinabé eux, font l’effort de se rendre dans les salles de projection. Le public a besoin qu’on l’éduque. Il faut qu’on commence à la base car je crois que ceux qui ont loupé le coaching pendant la crise cinématographique qui a démarré dans les années 90 jusqu’aux années 2000 doivent être rééduqués. En l’occurrence les plus jeunes qui sont plus dynamiques parce que les autres sont un peu obtus. Il faudrait qu’on draine la nouvelle graine qu’on prenne de nouvelles têtes, qu’on les forme à l’art cinématographique et l’art culturel. Les autorités doivent essayer de ramener le cinéma auprès des enfants, auprès des jeunes en l’occurrence travailler avec le Minjec, le Minesec, pour que dans les différentes structures scolaires on crée un foyer socioculturel où chaque semaine minimum on présenterait un film aux jeunes et on discuterait avec eux simplement comme il y a le sport, comme il y a la lecture. Le cinéma regroupe tous les arts. De la même manière qu’il a changé Hollywood, il peut changer l’Afrique.

 

Quel est l’apport de l’Afrique centrale dans le cinéma camerounais ?

Le festival Ecrans noirs comme vous le savez est un très grand festival. C’est le plus grand festival de l’Afrique centrale. Ce qui veut donc dire qu’au niveau de l’Afrique noire en dehors de l’Afrique du sud c’est le deuxième plus grand festival après le Fespaco. Quand vous constatez qu’un festival peut recevoir des films qui viennent pratiquement de toute l’Afrique, ça veut dire que c’est un grand festival et nous sommes rendus à la 21ème édition. Par conséquent c’est un festival qui a tenu le coup.

L’accompagnement doit venir de tout le monde. L’apport de l’Afrique centrale ne peut être qu’au niveau des films. Je pense qu’on a les responsables des différents festivals, les directeurs cinématographiques qui sont venus pour échanger avec nous, les ministres étrangers voire des ambassadeurs des différents pays d’Afrique centrale, ainsi que des partenaires d’Afrique centrale. Tout le monde apporte quelque chose. Moi je cite tous ces partenaires là pour dire que l’Afrique centrale en elle-même ne peut rien apporter d’autre que ces échanges. Nous sommes en parfaite synergie avec toute l’Afrique. 

 

En tant que membre du jury, pensez-vous que le cinéma Camerounais ait un avenir certain du point de vue de la réalisation ? 

La sélection de cette année a été très belle parce qu’on a eu des grands films qui ont gagné des prix au Fespaco. Je pense à «L’orage africain» qui a eu le deuxième prix, l’étalon d’argent. Nous avons pratiquement toute la sélection officielle du Fespaco qui s’est retrouvée ici ce qui veut dire que le Cameroun a eu la chance de drainer les meilleurs films africains de la période. Les films qui étaient programmés étaient des films de renoms, bien sélectionnés, et on gagnerait donc à ce que cette belle palette des films soit bien réceptionnée, bien reçue par le public camerounais. 

Les années précédentes, il y a eu des compétitions et on a déploré le fait que les scénarios n’étaient pas bien écrits mais il y a eu quand même des prix à savoir, meilleur acteur, meilleure actrice et on a reconnu la qualité technique du travail. Après cette période noire du cinéma camerounais qui était en berne il y a une dynamique nouvelle qui, depuis quelques années voit le jour. C’est pour cela qu’il y a d’autres festivals de cinéma qui tiennent la route. Pour revenir aux Ecrans noirs, soulignons qu’ils ont une compétition de court métrage, de long métrage et documentaires, c’est parce qu’il y a des films camerounais qui existent et pour qu’ils se retrouvent dans le festival, ils ont été présélectionnés. Ladite présélection est basée sur des critères scientifiques et artistiques. Le cinéma camerounais vit malgré qu’il y’ait encore beaucoup de choses à faire. Il faudrait que les journalistes culturels mettent un accent sur la promotion de ce cinéma. J’ai ouvert des journaux et je me suis rendue compte que ce sont de petits encadrés qui parlent du cinéma et c’est grave. La fête du cinéma se vit  et on devrait voir plus d’engouement dans l’écriture. Il faut susciter l’envie car le cinéma c’est le rêve. Prenez le cas de Cannes, on commence à marteler le public des semaines en avance.

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