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Cameroun: Actis prépare sa sortie…

Écrit par  Aboudi Ottou

Conformément à sa philosophie, le fonds d’investissement britannique envisage de se désengager progressivement d’Eneo au profit des institutions ou des entreprises locales.

« Il n’est pas irréaliste de dire aujourd’hui que d’autres institutions camerounaises ou quelques privés camerounais peuvent entrer dans l’actionnariat de la société». La petite phrase a été lâchée par Joël Nana Kontchou le 29 juin dernier. Le directeur général d’Eneo était venu annoncer à la presse l’entrée des salariés dans l’actionnariat de l’entreprise. Depuis le 09 juin, la géographie du capital du fournisseur camerounais d’électricité a en effet changé. Ce jour-là, l’opération de cession par Actis, l’actionnaire majoritaire, de 5% du capital de la société au Groupe d’initiative commune de promotion socio-économique du personnel d’Eneo (Gic-P. Eneo, constitué pour gérer les actifs des travailleurs), a été finalisée. 

Désormais, le fonds d’investissement britannique détient 51% du capital de l’entreprise (passé entre-temps de 43 milliards à un peu plus de 47 milliards de francs CFA) contre 44% pour l’Etat du Cameroun et 5% pour les salariés. L’actionnariat camerounais atteint ainsi les 49% contre 44% en 2001 lors de la privatisation de la Sonel. 

Les nationaux pourraient même à l’avenir prendre le contrôle d’Eneo. Car l’entrée envisagée dans le capital d’autres institutions ou des privés camerounais devrait se faire par la cession des parts du capital-investisseur britannique. «La stratégie d’Actis consiste à acheter des entreprises, rendre l’outil de production performant et revendre ses parts prioritairement aux privés locaux. Il l’a notamment fait en Ouganda», explique une source interne. Selon un collaborateur de Nana Kontchou, c’est foi de cette philosophie qu’il a présenté au patronat camerounais les opportunités d’investissements dans le secteur de l’électricité le 26 juin 2015 lors des 4èmes assises de l’université du Gicam qui avait pour thème, «l’entreprise offensive». «S’il l’a redit le 29 juin dernier, c’est parce qu’il a la conviction que cela devrait se faire», ajoute notre source. Selon nos informations, le directeur général aurait voulu en dire davantage aux journalistes, notamment que des négociations sont déjà en cours avec certaines institutions, mais il en a été dissuadé par une partie de son staff qui jugeait l’annonce prématurée. 

 

Préalables

Pour que l’opération de cession soit rentable, il faudra que l’entreprise affiche un bon état de santé. Ayant hérité, il y a trois ans, de l’américain AES, d’une société en «réanimation», selon les propres termes de Nana Kontchou, le capital-investisseur britannique a annoncé en juin 2015 un plan d’investissement pour que la société recouvre son embonpoint. Ce plan qui s’étale sur 10 ans devrait coûter 477 milliards de francs CFA dont environ 65% consacrés aux réseaux et au service commercial. Soit un investissement moyen annuel de 47 milliards. Il devrait précisément permettre de doubler le nombre d’abonnés pour dépasser la barre de 2 000 000 de clients en 2024. 

Le programme vise aussi à réduire de 70% la non fourniture d’énergie au client (en passant de 105 à 35h) et à remplacer ou réparer 400.000 poteaux bois ; le tout dans un intervalle de 5 ans. Il est également question de créer de 4 à 5000 nouveaux postes de distribution basse tension dans le cadre de la lutte contre les baisses de tension, de réduire des pertes techniques et d’assouplir fortement les modalités de branchement et de paiement des prestations. Le plan prévoit par ailleurs la multiplication des moyens de paiement électronique afin de réduire les files d’attente dans les agences commerciales et l’instauration d’un système de télé-lecture des compteurs. 

« Nous avons investi 23 milliards de francs CFA en 2015, 37 en 2016 et avons  projection un investissement de près de 40 milliards cette année », indique, rapports annuels sous les yeux, un employé à la direction générale. C’est à cet investissement que l’on doit, en partie, la baisse de 61% de la durée de non fourniture des énergies lors de l’étiage 2017 par rapport à la même période l’année dernière et à 19% celle des énergies non distribuées.

Sauf que pour l’instant, les fonds engagés sont loin du compte. Le problème est qu’à ce jour l’opérateur national de l’électricité finance tout sur fonds propres. Cette situation couplée au remboursement de sa dette et à des impayés cumulés de plus de 30 milliards de francs CFA au 1er mai 2017 (dette essentiellement détenue par Alucam et l’Etat du Cameroun) mettent l'entreprise dans une tension de trésorerie. Pour preuve, les dividendes continuent de ne pas être versées aux actionnaires bien que le bulletin de santé de l’entreprise se soit amélioré depuis l’arrivée d’Actis.  

 

Concession 

La situation est telle que les représentants des syndicats des travailleurs s’en sont inquiétés lors de la dernière édition de la fête du travail. «Notre entreprise connait une situation tendue dans sa trésorerie simplement parce-que nous avons tout financé sur nos fonds propres. En attendant que l’extension de la concession nous permette d’accéder aux financements à long terme, c’est cet argent que vous encaissez dans nos agences qui soutient aujourd’hui toutes nos opérations», leur a répondu le directeur général. «Des bailleurs de fonds, comme la Banque mondiale, ont déjà émis des intentions d’investissement. Mais ils souhaitent que la durée de la concession couvre la période de remboursement du prêt. Ce qui est difficile à faire aujourd’hui. Nous souhaitons donc ardemment l’extension de notre concession qui expire en 2021», précise un de ses collaborateurs.

Le prolongement de la concession serait jusqu’ici retardé par certaines appréhensions. Les autorités redoutent par exemple que cette extension permette à Actis, qui comme on l’a vu n’a pas vocation à rester éternellement dans la société, de revendre aisément ses parts. Mais chez Eneo, l’on pense que le plan d’investissement de 900 milliards qui court jusqu’à 2030, proposé dans le cadre des négociations de renouvellement de la concession et dont la réalisation pourrait figurer comme une clause dans le contrat, devrait pouvoir rassurer. La rétrocession de 5% du capital aux salariés est aussi, aux yeux de l’entreprise, la preuve que le fonds d’investissement britannique entend tenir ses engagements. En tout cas, à en croire Nana Kontchou, «les discussions sur l’extension de la concession sont à leur ultime étape et on aperçoit déjà le bout du tunnel». La stabilisation de la fourniture de l’électricité au Cameroun en dépend en partie. 

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