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Honorable Freddy Mbonimpa, maire de Bujumbura: «Que le Rwanda et les Occidentaux s’occupent de leurs affaires»

Écrit par  Thierry Ndong à Casablanca

Le député maire de la capitale burundaise s’exprime sur la situation sociopolitique actuelle de son pays en général et  celle de sa ville en particulier. Loin du film d’horreur décrit par les médias occidentaux, il affirme que le calme s’est progressivement installé dans la ville de Bujumbura. Il invite de ce fait les touristes et les investisseurs à venir découvrir cette terre accueillante et pétrie de  potentiels.

Monsieur le député maire, vous venez d’assister au forum Crans Montana 2017 session  Afrique, c’était à Dakhla au Maroc. Comment vous avez trouvé ce forum ?

Effectivement c’est ma première participation au forum Crans Montana au Maroc et mon impression c’est que c’était un très grand rassemblement de plusieurs acteurs venant du monde entier. C’était vraiment impressionnant et l’organisation était efficace. En tant que maire je l’ai trouvé intéressant surtout que le forum s’est tenu au Maroc en Afrique et que l’Afrique devrait avoir des partenaires africains pour son développement  donc c’est une coopération Sud-Sud. 

 

Qu’est-ce qu’un évènement comme celui-ci peut apporter à une ville comme Bujumbura que vous gérez en tant que premier magistrat municipal ?

Comme maire d’une ville capitale, le premier c’est le carnet d’adresses, les contacts avec les investisseurs pour pouvoir les intéresser et les amener à investir et à connaitre notre pays. C’était là mon premier objectif. En deuxième position, il s’agissait de voir comment on peut aussi présenter les différents projets que nous avons pour qu’on puisse trouver des gens qui peuvent nous appuyer et je crois que je ne rentre pas bredouille car j’ai contacté le maire d’ici (Dakhla) et qui va m’envoyer une invitation, on va ainsi tisser des relations de jumelage, c’est déjà une bonne chose. 

Ce Maroc qui appelle de tous ses vœux la coopération Sud-Sud à se matérialiser vient également de frapper à la porte de l’Union africaine pour un retour à la maison.

 

Comment depuis Bujumbura vous appréciez ce retour à l’UA du royaume chérifien? 

Nous avons accueilli ce retour de façon positive étant donné que nous entretenons de bonnes relations avec le royaume chérifien. Nous avons de domaines de coopération  avec le ministère de l’intérieur dans le domaine de la décentralisation. Donc pour nous c’est un frère qui revient au bercail. Nous avons apprécié et nous pensons qu’avec le retour du Maroc ça nous a permis aussi de nous sentir rapprochés avec eux.

 

Monsieur le député maire, comment se porte Bujumbura votre ville ?

Je peux affirmer que Bujumbura c’est une ville calme, une ville qui a connu il y’a deux ans une insurrection vivante, qui a connu des moments de turbulences politiques à cause des politiciens sur interprétation du troisième mandat de son excellence Pierre Nkurunziza. Il y a eu beaucoup de réfugiés et de politiciens qui ont fui. Nous avons connu des casses, des morts, des biens détruits. Maintenant je vous affirme que tout ça appartient au passé, le calme est là, les gens vaquent à leurs occupations, la relance économique reprend.

Ce n’est pas pourtant l’impression que nous avons en suivant certains médias occidentaux qui continuent de présenter Bujumbura en particulier et le Burundi en général de foyer de tension permanent où chaque jour on tue des opposants, on pourchasse des journalistes et on malmène les acteurs de la société civile 

Effectivement quand vous suivez certains médias internationaux, ils ont pris les devants pour dénigrer et donner une image fausse du Burundi. Surtout ceux qui s’étaient impliqués dans tout ce qui s’est passé, les manifestations, les insurrections, le coup d’Etat. Et après quand ils ont vu qu’ils ont échoué ils ont commencé à parler des droits de l’Homme comme toujours pour essayer de coincer et de demander des sanctions économiques à notre pays. Maintenant ils avancent en génocide qu’ils greffent dans leur tête. J’invite tout le monde à venir voir et suivre. 

Donc, pour vous il n’y a pas de génocide en vue, point de maltraitance comme le martèlent les médias occidentaux notamment. 

Un génocide on ne le chante pas. Il y a des signes qui ne trompent pas mais dites-moi comment on peut avoir un génocide. Moi je suis un maire député, je suis tutsi, le premier vice-président il est tutsi, l’intendant et l’officier d’ordonnance du chef de l’Etat sont tutsi. Comment est-ce qu’on peut accepter que nos frères soient tués? C’est pour essayer de montrer que ce qu’ils ont avancé est vrai. Mais notez très bien qu’il n’y a pas une semaine, le ministre belge des relations extérieures a affirmé qu’ils se sont empressés à prendre des sanctions. 

 

Pour celui qui veut venir au Burundi aujourd’hui notamment à Bujumbura, qu’est-ce que vous pouvez lui dire ? 

Qu’il soit le bienvenu, le pays est là, on va les accueillir au bord du lac Tanganyika, avec un baume très délicieux. Il y a une vie, les activités ont repris normalement, c’est comme si ça n’a jamais été perturbé, tout ça appartient au passé c’est ce que je vous ai dit. 

 

Pour parler du lac Tanganyika du Burundi au sein de la communauté des Etats de l’Afrique de L’Est, comment se passe l’intégration du Burundi dans cette communauté économique régionale ?

Effectivement, nous sommes déjà dans la communauté Est africaine. Je voudrais vous dire que le Secrétaire général de cette intégration est de nationalité burundaise. Voilà déjà que nous occupons une place de choix. Bien sûr nous sommes encore très loin par rapport aux autres intégrations régionales mais je pense que le Burundi va petit à petit. Mais le problème que nous avons c’est que notre voisin le Rwanda avec qui nous avons les mêmes frontières travaille avec les opposants politiques. C’est un problème qui sera résolu au niveau de l’intégration mais c’est un mauvais voisinage qu'on peut voir.

De là à dire que c’est le Rwanda qui est à l’origine de tous vos malheurs il n’y a qu’un pas monsieur le maire. 

C’est la base arrière, ils ne veulent pas que leurs fusils rentrent, ils les gardent de force. Il y a ceux qui ont fait le push le 13 mai ils sont au Rwanda donc c’est une base arrière pour déstabiliser le pays. Nous leur demandons que cela cesse et que les burundais puissent rentrer paisiblement développer leur pays. Que le Rwanda s’occupe de ses affaires.

 

Pour le moment les relations entre les deux pays frères Rwanda Burundi ne sont pas au beau fixe ? 

Non, elles ne le sont pas. Parce que même des ambassadeurs ont été appelés donc vous voyez que ce n’est pas une bonne chose, alors que les peuples rwandais et burundais voudraient bien cohabiter comme ils l’ont fait depuis des siècles.

 

Vous ne pensez pas qu’au sein de la communauté Est-africaine ce problème devrait être réglé ? 

En principe cette question devrait être réglée par nous-mêmes étant donné que nous sommes des pays frères et amis. Mais comme le Rwanda persiste nous avons posé la question et nous avons même pris pour témoin la communauté internationale pour qu’il arrête de fragiliser la paix au Burundi mais plutôt à contribuer au retour de la paix et de la sécurité dans notre pays.  

 

Monsieur le député maire, est ce qu’aujourd’hui nous pouvons compter avec vous ceux qui sont aux côtés du Burundi pour l’aider à traverser les moments difficiles actuels ?  

Nous appelons les amis de venir investir comme avant. Les investisseurs viennent quand même, mais ils sont encore timides parce qu’ils entendent certains médias qui disent le contraire, donc nous les encourageons à venir voir. Le Burundi présente beaucoup d’opportunités encore vierges je dirai. Il y a moyen d’investir, il y a de l’espace mais surtout nous demandons aux médias de faire leur boulot professionnellement et ne pas salir notre image pour des intérêts mesquins. 

 

Pour un investisseur qui veut venir, qu’est-ce que le pays offre comme opportunité en termes d’investissements? 

D’abord au niveau de la législation avec le système de la Banque Mondiale pour le Business Doing vous pouvez établir une société en moins de 24 heures cela c’est déjà un indice encourageant. Vous pouvez demander des espaces de terrain pour construire ou pour mettre votre entreprise. Tout ça ce sont les opportunités qui sont là et le peuple burundais est laborieux, travailleur.  La facilité aussi au niveau des banques, elles assurent les transferts des fonds, la main d’œuvre est presque gratuite parce que la vie est encore moins chère donc il y a toujours moyen d’investir et de construire.

 

Les secteurs d’activité porteurs au Burundi sont lesquels ? 

Au niveau de l’industrialisation, on a encore peu d’industries donc quelqu’un qui voudrait investir dans l’industrialisation et aussi dans l’agriculture c’est un pays qui a neuf sur douze mois la pluie donc il y a moyen de faire des productions tout au long de l’année. Nous avons aussi le commerce qui se développe petit à petit mais qui est déjà prospère. Donc il y a beaucoup d’opportunités. Il y a le secteur tertiaire aussi, donc il y a toujours moyen de vouloir investir.

Nous avons quand même des sanctions qui frappent un certain nombre de personnalités. Des fonds qui sont gelés, toutes choses qui sont de nature à faire peur aux investisseurs. Qu’est ce qui est fait au niveau de l’Etat pour minimiser cette peur qui est faite à l’endroit des investisseurs ?

Je voudrais vous dire que ces sanctions nous ont un peu secoué mais cela nous a permis aussi de gérer rationnellement nos finances par rapport à des… des recettes. Depuis 2009-2010 on fait ce qu’on appelle des appuis budgétaires et pensait que nous dépendons de 49% des appuis de notre budget mais depuis trois ans nous avons notre propre budget et tout le monde attend et nous sommes parmi les pays africains qui payent à temps les fonctionnaires. Les sanctions de ces personnalités ne touchent en rien parce qu’ils n’ont pas des avoirs dans les banques extérieures,  ils ont investi dans leur pays donc ils font des mouvements dans leur pays autres que les USA ou ailleurs. Je crois que ça n’a pas d’impact. Ce sont des sanctions fantaisistes. Je voudrais encourager les gens de venir travailler, investir, vivre exactement la situation sur place et ne pas suivre les médias qui disent du n’importe quoi.

 

Votre ville représente à peu près combien de millions d’habitants et quel est son poids électoral ? Est-ce qu’elle est totalement acquise aux idéaux de paix avec qui elle est? 

La population presque totale de notre pays tourne autour de 10 à 11 millions. Selon le dernier recensement, la capitale donne autour d’un millions 200 habitants. Il y’a un électorat de deux sénateurs et huit députés sur cent vingt, c’est important quand même ce n’est pas négligeable. Et comme dans toutes les villes l’opposition se trouve toujours à la ville mais l’impact ne change en rien sur le résultat au niveau national. C’est pour cela que nous essayons actuellement de donner beaucoup plus d’éducation patriotique afin que les gens comprennent avec un thème qui dit que pensons à notre ville, pensons à notre avenir. C’est nous qui devrons construire, entretenir notre ville et la développer. Donc si nous laissons la porte ouverte aux détracteurs on avancera en rien alors que c’est le miroir de notre pays. Donc nous avons pris des dispositions d’éducation des jeunes et des moins jeunes pour préparer un bon avenir parce que partout dans les villes c’est là où commencent les manifestations, des sortes d’insurrection. Je pense que nous nous préparons sérieusement l’échéance de 2021 et que tout ira bien.

 

Monsieur le président Nkurunziza sera-t-il encore candidat à sa succession ? 

Je ne sais pas, je ne peux pas le confirmer mais je sais que la constitution est à revoir. Il y a déjà une commission mise sur pied par le gouvernement et comme à coté ils ont retouché, il n’y a plus de mandat au niveau de l’Ouganda, du Congo Brazzaville, du Rwanda, qu’est ce qui empêcherait si le peuple souhaite qu’on amende la constitution au niveau du mandat? Il a encore 52 ans et c’est le peuple qui élit, du moins la majorité mais c’est la voix des urnes qui pourra trancher.

 

Vous avez dit que Bujumbura c’est environ 1.200 000 habitants, vous pouvez aborder le type de problème qu’une ville africaine comme elle rencontre et quelles ont les solutions que trouvez au quotidien pour qu’elle soit au top?

Il y a un problème au niveau de la législation. Nous sommes en train de combattre pour qu’on puisse avoir une loi spécifique à la mairie. Donc la décentralisation n’est pas effective étant donné que les services  déconcentrés devraient appartenir à la mairie surtout dans les ministères, il y a un chevauchement. Par exemple le ministère de l’environnement et de l’urbanisme peut donner un espace alors que la commune a besoin de mettre une infrastructure, pour cela il faut que la loi qui soit adaptée change. Deuxièmement il y a des gens à l’intérieur du pays qui n’ont rien à faire, donc la délinquance. Nous nous sommes donné des objectifs de ces gens-là que le gouverneur puisse encadrer  les gens pour qu’ils retournent à leur logement. Nous combattons aussi la mendicité, nous avons également  un problème d’urbanisation. Tout ça ce sont les problèmes auxquels il faut trouver des solutions. Donc en résumé tous les problèmes que nous avons ont le combat sur la gestion du transport en commun, de l’éclairage public. Tout ça nous pensons que ça trouvera des solutions au niveau de la législation d’une loi spécifique à la mairie.

Propos recueillis par Thierry Ndong à Casablanca

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