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Journée internationale de la Femme: Le verbatim mâle toujours plus amer

Écrit par  Didier Ndengue
La mission conjointe FMI-Banque mondiale et la BAD face au Minepat La mission conjointe FMI-Banque mondiale et la BAD face au Minepat

Du  point de vue de certains hommes  s’échappe un dédain pour cette « journée ».

Chaque année, au moins un homme s’arrache les cheveux à la veille du 08 mars. «Journée internationale de la femme», «journée des femmes», «journée des droits de la femme», le pétrin sémantique est à la dimension des combats lexicaux imposés par les femmes elles-mêmes. Pour tout couronner, le choix du vocabulaire autour du 08 mars a fini par enfanter des arrière-pensées plus ou moins conscientes chez les mâles. 

Au Cameroun, beaucoup s’écharpent sur cette «journée».  «Le 08 mars de l’année dernière, ma femme m’a dit que si la première femme créée par Dieu était assez forte pour renverser le monde à elle toute seule, les femmes devraient être capables de le remettre à l'endroit. Et maintenant que les femmes le demandent, les hommes feraient mieux de les laisser faire le 08 mars», confesse Alain, un habitant de Nkoabang (banlieue de Yaoundé). Dans le commentaire, ce cadre des assurances montre la capacité extensive du féminisme comme point de départ d’une réflexion généralisée à des problématiques plus actuelles.  

 

Sacrilèges

«C’est bête ce que les femmes font ce jour, c’est une journée comme toutes les autres. D’ailleurs peu d’entre elles retiennent même le thème tandis que ça devrait être une journée de réflexion et de remise en cause, mais elles font plutôt des extravagances. Et elles ont tout un pagne pour ça,  sacrilège !» Le ton sur lequel ces phrases sont prononcées en dit long. Elles viennent de Faustin Moïse Fotso, ingénieur informaticien. Pourtant l’interrogation à laquelle il répond semble simple : «que pensez-vous de la célébration du 8 mars au Cameroun ?» tout comme lui, la quinzaine d’hommes rencontrée dans les rues de Yaoundé partage ce point de vue. Ces derniers déplorent le fait que les femmes n’élèvent pas assez le niveau sur la célébration de cette journée au Cameroun. «Il faut observer lorsqu’une femme n’arbore pas ce fameux tissu le jour-j. On pourrait croire qu’elle est en deuil. Cela prouve à quel point celle-ci n’a pas encore compris la véritable importance de cette journée et c’est dommage», déplore Philippe Mbarga, cadre de l’administration.

Il faut dire que la quête perpétuelle de dignité et de reconnaissance de la gent féminine se transforme généralement en un fiasco. Lorsqu’elles ne sont pas sujettes à des scènes comiques et pathétiques, elles s’assurent de les rendre horribles. Entre buvettes à n’en point mourir, infidélité et même crime, la femme trouve toujours le moyen de marquer d’une pierre «noire» chaque 08 mars. Aoudou, boucher au marché Mokolo, peut en témoigner: «Avant la journée du 08 mars 2015, je n’avais jamais vu mon épouse dans un état d’ivresse. Elle avait dit qu’elle allait au défilé et que par la suite son association avait prévu un buffet. En toute confiance, je n’ai pas hésité à la laisser partir. À ma grande surprise c’est à 23 heures que madame est revenue à la maison, toute ivre. Pour un musulman, c’était une abomination. Depuis ce jour, on la passe ensemble, plus question de tolérer ces insoumissions», grogne le jeune-homme.

 

Conservateurs?

Ainsi sous couvert de préservation des bonnes mœurs, des hommes voient les «célébrations du 08 mars» d’un mauvais œil. «Il ne s'agit rien de moins que de parachever leur autorité ou leur mépris vis-à-vis d’un  événement qui a été vidé de toute signification», analyse Suzanne Bimaï, assistante sociale à Yaoundé. Elle ajoute que «dans leur esprit, le 08 mars est l'ultime invention des communicants économiques pour faire vendre des gadgets comme le pagne». 

D’autres hommes au contraire forcent le trait en faisant le portrait de ce qui se passe hors du Cameroun. «J’ai eu à passer le 08 mars en République du Congo, là-bas, c’est une journée ordinaire, sans pagne ni réjouissance. Pourquoi les camerounaises aiment-elles autant festoyer?», s’interroge Faustin Moïse. D’un point de vue sociologique, le clin d’œil à la publicité autour du caractère «exceptionnel» de cette journée préfigure de l’ambiance observée dans les villes et villages camerounais. 

Mercedes Beleheka (Stagiaire)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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