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Cameroun: Boko Haram, le début de la fin…

Écrit par  Aboudi Ottou, envoyé spécial à la frontière entre le Cameroun et le Nigéria

 

A la suite de sa visite à Mora, après l’attentat suicide survenu dans cette ville le 20 septembre dernier (avant - dernière attaque kamikaze enregistrée en territoire camerounais), Edgar Alain Mebe Ngo’o, alors ministre camerounais délégué à la présidence de la République en charge de la Défense, a annoncé «un dénouement assez rapide de cette crise». Dans une interview publiée dans l’édition du 21 septembre du quotidien gouvernemental, Cameroon tribune, ce dernier soutenait notamment que «ces actions (attentats Kamikazes) participent (…) d’un certain désarroi de la part de nos ennemis». Le même optimisme anime les autorités nigérianes. Le samedi 03 octobre dernier, à la suite d’un attentat perpétré dans la banlieue d’Abuja, dans la nuit de vendredi, qui a fait une vingtaine de mort et une quarantaine de blessés, le colonel Rabe Abubakar, porte-parole du ministère nigérian de la Défense, a laissé entendre chez nos confrères de Radio France international (RFI) que «ce type d'action est lié aux résultats engrangés dans le nord-est du pays par l'armée. Les combattants Boko Haram sont dans une situation difficile, car nous avons détruit la plupart de leurs camps, dans la forêt de Sambisa. Par conséquent, ils se rabattent sur des attaques ciblées et souvent, il s'agit d'attaques suicides. Nous considérons que les attentats suicides sont un signe de faiblesse». Mais cette posture est critiquée par une opinion peu ou prou avertie des problématiques de sécurité. Dans une tribune libre publiée la semaine dernière, Woungly-Massaga -vétéran de la guerre d’indépendance - parle d’«un excès d’optimisme». Pour lui, la victoire contre la secte terroriste n’est pas possible avec «des approches qui minimisent les capacités de l’ennemi et qui «s’illusionnent sur les capacités de nos forces de défenses». Mais quelle est réellement la situation sur le terrain? Quelles sont les capacités actuelles de Boko Haram et de l’armée camerounais au front? Qu’en pensent les militaires qui conduisent les opérations sur le terrain? Ces questions guident la présente enquête menée dans l’épicentre de cette guerre.


 Cameroun: Boko Haram, le début de la fin…

«La secte Boko Haram, qui est suffisamment affaiblie et pratiquement en déroute, reste nuisible». C’est ainsi que le général de brigade Jacob Kodji résume la situation ce jeudi 30 septembre au cours d’un débriefing dans une aile de l’aéroport de Maroua (la capitale régionale de l’Extrême-Nord), transformée en un camp militaire. En sa qualité de commandant de la 4e région militaire interarmées (4e RMIA, qui couvre toute l’Extrême-Nord et le département du Mayo-Louti administrativement rattaché au Nord), il supervise trois opérations avec le même objectif: venir à bout de la secte terroriste. La première est dénommée «Apha». Elle est sur les ordres du colonel Joseph Nouma du Bataillon d’intervention rapide (Bir), une unité des forces spéciales de l’armée camerounaise. La seconde opération, c’est «Emergence 4». Le général Kodji assure lui-même le commandement de cette opération. Il en est de même de «Logone 2015», opération bilatérale Cameroun - Tchad. Les hommes qui sont le plus proche de l’action au quotidien n’en disent pas moins: «L’évaluation du renseignement nous dit que Boko Haram, bien qu’il paraisse affaibli, est dangereux et capable de mener ses actions», confirme le chef de bataillon (ou commandant) Nlaté, qui conduit les actions sur le terrain à l’opération «Alpha».

 

De jour comme de nuit, les soldats camerounais tiennent à l’oeil Boko Haram...

 

Cette capacité de nuisance, indique-t-on, Boko Haram la conserverait uniquement parce qu’elle est une organisation terroriste, usant des actions non conventionnelles telles que des attentats suicides ou des incursions dirigées contre les personnes civiles (attaques de villageois, de bergers…) comme ce qui se passe en ce moment autour du lac Tchad. «Ces actions qui font à chaque fois de nombreuse victimes parmi les populations renforcent ainsi l’illusion d’invincibilité de la secte», analyse-t-on au Ministère camerounais de la Défense (Mindef). Le chef de bataillon Tetcha Félix, qui commande les forces chargées de pacifier certaines localités camerounaises situées à la frontière avec le Nigéria, comme Amchidé ou Limani, précise qu’une «guerre contre-insurrectionnelle ne se termine jamais sur la victoire militaire dans les batailles». «Notre travail consiste maintenant à protéger les populations et à les rassurer», explique-t-il. Surtout que l’insécurité créée par Aboubakar Shekau et ses hommes a généré une véritable industrie du terrorisme à laquelle se mêlent grand banditisme et trafics de toutes sortes avec des complicités nationales et mêmes internationales. «Chaque fois que vous allez voir quelque chose qui ressemble à de l’inorganisation, il y a des gens qui tirent les marrons du feu», explique un officier. Des éléments de Boko Haram, lors des interrogatoires, ne cachent d’ailleurs pas que leur adhésion à la secte a changé leur vie. «Hier j’avais l’assiette j’étais dans la rue et les gens mettaient dans l’assiette ce qu’ils voulaient. Aujourd’hui que j’ai l’AK 47 (fusil d’assaut), je suis dans la maison et les autres sont dehors.», se gargarise un adepte du groupe terroriste fait prisonnier. 

 

Impréparation

En réalité, l’affaiblissement de la puissance militaire de Boko Haram est palpable sur le terrain. Sur les 246 attaques recensées sur le territoire camerounais du 1er août 2014 au 30 septembre 2015, seules 42 sont conventionnelles, c’est-à-dire dirigées vers des cibles militaires. Et les attaques de ce type, au cours desquelles les éléments armés de la secte, à travers notamment des blindés, s’en prenaient soit aux patrouilles soit aux postes de commandement n’ont d’ailleurs été enregistrées qu’entre fin 2014 et début 2015. Cette période correspond, selon le commandement de l’opération Alpha, à «l’époque charnière de la manifestation de Boko Haram». Selon le capitaine Ibrahim Njankouo Mfochivé, commandent par intérim du secteur sud (qui compte 7 postes de commandement: Kolofata, Limani, Amchidé, Kerawa, Tourou, Mokolo et Mora), la dernière attaque du genre remonte au 12 janvier 2015. C’est quasiment à la même date que l’on a enregistré la dernière attaque à Bomdéri, près du parc de Waza où la frontière est surveillée par un détachement du 42e Bataillon d’infanterie motorisé de l’opération «Emergence 4». Au niveau des monts Mandara, qui forment une frontière naturelle entre le Cameroun et le Nigeria, les fusiliers de l'air de la même opération, qui y ont installé de petits postes de surveillance sur une centaine de Kilomètres, renseignent que tout est calme depuis environ quatre mois. On enregistrerait même un infléchissement du nombre de soldats tués au front. Ce nombre culminerait à 65 tués depuis le début de la guerre contre Boko Haram en mai 2014. Comme avec les attaques frontales, au sein du haut commandement militaire, on assure avoir commencé à maitriser le phénomène des attentats suicides. Pour preuve, indique le colonel Didier Badjeck, responsable de la communication du Mindef,  une quinzaine d’attentats aurait déjà été déjouée dans la région de l’Extrême-Nord. Cependant, la seule interception des candidats aux attentats suicides médiatisée à ce jour est opérée par les éléments du colonel Nouma de l’opération «Alpha». C’était le 29 juillet 2015 à Makalingay près de Tokonbere dans le Mayo Sava. Lors d’une rencontre avec l’état-major de cette opération, en son quartier général (QG) situé à un jet de pierre de l’aéroport de Maroua, on a appris que ces filles interpelées à cette occasion ont été préparées dans la forêt de Sambisa (fief de Boko Haram) au Nigéria et acheminées par moto à travers des pistes, de passeur à passeur, jusqu’au lieu des attentats. «Il y a une chaine logistique qui est bien en place, mais que nous avons essayé cassé. Et vous allez voir que les derniers attentats se sont déroulés dans les localités près des frontières» explique le commandant Nlaté, responsable des opérations à «Alpha». Apres les attentats kamikazes qui ont endeuillé Maroua au mois de juillet, les autres attaques du même genre ont suivi à Kerawa, Kolofata, Mora et Gouzoudou. Ces localités sont en effet frontalières au Nigéria. Un résultat facilité notamment par la collaboration des populations, regroupées en comités de vigilance, et également par l’observation aérienne menée à partir de la 3e RMIA que dirige le général de brigade Fréderik Djonkep Mehomy. C’est à cette région militaire qu’est rattachée la base aérienne 301 de Garoua qui s’acquitte de cette tâche (voir interview à la fin de la page). 

 

Effet Buhari

Selon le chef de bataillon Nlaté, il y avait comme une impréparation des trois derniers attentats: «Les Kamikazes n’étaient pas bien préparés. Ils actionnaient à la moindre difficulté leurs bombes. Nous avons mis ça sur le compte des contrecoups qu’ils sont en train de subir de l’autre côté. Leurs caches auraient peut-être été découverts par les forces nigérianes et donc il fallait se débarrasser vite des gens qui étaient en cours de préparation», explique-t-il. Avec l’arrivée au pouvoir en mai du général Muhamadu Buhari, le Nigéria a réorganisé son commandement militaire et s’est lancé à la reconquête des localités conquises par Boko Haram. Et à ce jour, à en croire le général de brigade Jacob Kodji, nombre de ces villes et villages sont déjà sous le contrôle de cette armée. Il s’agit notamment de la forêt de Sambisa, de Gwoza, Dikwa, Bama, Gambaru. «Le 2 septembre, j’étais personnellement sur les lieux, pour renforcer les responsables de la force nigériane qui a occupé effectivement Gambaru», assure le général. «Le 24 septembre, l’armée nigériane après la reprise de certaines localités entre Bama et notre frontière, a atteint la ville de Banki qu’elle a occupée. Nous avons également fait jonction au niveau d’Amchidé. Actuellement, elle se fortifie à Banki et certainement a l’intention de continuer son offensive en direction des quelques localités qui restent à occuper» poursuit-il. 

Comme on le voit, l’arrivée de Buhari au pouvoir a également eu un effet positif dans la collaboration entre les forces armées camerounaise et nigériane. Les officiers camerounais, qui pestaient encore il y a quelques mois sur le manque de collaboration de leurs homologues nigérians, le confirment. «Avec l’armée nigériane, la collaboration est très bonne, surtout ces derniers temps, avec la reconquête des territoires qu’ils ont entrepris depuis deux semaines. (…) Dans le cadre de cette reconquête de territoire, nous sommes en permanence en liaison téléphonique ou par radio. Et c’est grâce à cette coordination que nous arrivons à avoir un résultat sans dégâts collatéraux. (…) A l’issue de leur reconquête sur Banki, nous avons pu faire une jonction physique. Nous sommes allés avec nos hommes visiter la base qui avait été reconquise et nous avons pu faire des échanges que ce soit sur le plan tactique que sur le plan des besoins.», témoigne le capitaine Ibrahim Njankouo Fochivé. Ce dernier a servi de médiateur dans la reconquête de l’axe Bama à Banki, longue d’un peu plus de 60 km.

 

Vigilance 

Mais, malgré l’évolution positive de la situation, tous les officiers au front sont unanimes: «la pacification complète de cette zone prendra beaucoup de temps». En attendant, le maître mot ici est de rester en alerte. «On sait très bien qu’on peut toujours avoir à faire à une attaque frontale. La preuve en est que, il y a deux semaines, la base nigériane qui avait été conquise à Banki a subi une attaque frontale de nuit. Et c’est une base d’environ 400 hommes. (…) Donc nous sommes parés. Vous voyez les engins blindés…», assure Ibrahim Njankouo Fochivé, commandant par intérim du secteur sud. A l’Etat-major de l’Opération «Alpha», on annonce même une montée en puissance: «Nous sommes en train de développer de nouvelles capacités. Ce sont des capacités de surveillance avec un équipement mobile que nous déployons. Nous sommes en plein développement de nos centres de contrôle et de commandement, dans toutes les bases, on a un système de vidéo surveillance et de surveillance à distance des espaces». Selon nos informations, deux MI 24 (Hélicoptère de fabrication Russe) doivent également être mis à la disposition de cette opération le 12 octobre prochain.


 

A propos d’Abubakar Shekau

Le sort d’Abubakar Shekau suscite l’embarras des officiers camerounais. A la question de savoir si le leader de Boko Haram est un objectif pour l’armée camerounaise, après quelques secondes d’hésitation, le général Jacob Kodji, à la tête de la 4e Région militaire interarmées répond: «Nous faisons la guerre contre la secte islamiste Boko Haram. Et pour nous, tout combattant ou toute activité de Boko Haram restent un objectif. Bien entendu, tout combattant de Boko Haram doit être neutralisé. S’il se rend à la justice, ce serait une bonne chose». Sous le couvert de l’anonymat, un officier confie que pour lui Shekau est mort. Un autre estime que la question est sans intérêt: «si Abubakar Shekau meurt, il y aura toujours un autre pour le remplacer» justifie-t-il. Une posture pas éloignée de celle de nombreux experts et des responsables sécuritaires nigérians. Pour eux, «Shekau» n’est qu’un personnage composite, qui emprunte à plusieurs combattants au gré du temps. Selon eux, le Shekau d’origine, le fils de paysans pauvres qui s’est radicalisé dans des écoles coraniques avant de prendre la tête de Boko Haram en 2010, serait mort il y a plusieurs mois, voire plusieurs années. Pourtant, le 21 juin 2012, la tête d'Abubakar Shekau est mise à prix par le Département d'État des États-Unis pour sept millions de dollars soit près de 4 milliards de francs CFA. Début août, après une sortie du président tchadien, insinuant une mort possible de Shekau, un message sonore avait été diffusé sur Internet pour confondre Idriss Deby Itno. Le groupe d’experts et un correspondant AFP familier de Boko Haram avaient jugé la voix figurant dans l’enregistrement similaire à celle de Shekau.


 

Reportage photos: Dans les ruines d’Amchidé

Le bureau de douanes d’Amchidé en ruine

Ce qui reste du commissariat spécial d’Amchidé

La ville jadis prospère affiche triste mine

 

Colonel Barthélémy Tsilla: «Pour moi, Boko Haram est une bonne chose»

Le commandant de la base aérienne 301 de Garoua explique le rôle que joue l’aviation dans la guerre contre Boko Haram. 

 

Quelle est l’apport de la base aérienne 301 de Garoua dans la guerre contre Boko Haram? 

La mission de la base aérienne 301, c’est le soutien aux autres corps (l’armée de terre, la marine, la gendarmerie…) et aux autres bases aériennes qui ont des avions qui passent par chez nous. La mise en place de quasi tout le dispositif dans l’Extrême-Nord de notre pays a été faite par voie aérienne. Maroua n’ayant pas une base aérienne ouverte, c’est la base de Garoua qui a supporté le soutien à tous ses aéronefs. Donc, nous avions été au four et au moulin du point de vu logistique et du soutien aux autres forces et aux autres bases aériennes, particulièrement la base aérienne 201 avec ses C 130 (avion de transport militaire) et les bases aériennes 101 et 102 par rapport aux hélicoptères. La spécificité de la base aérienne 301, c’est que nous apprêtons ici les avions de combat. Et ces avions de combat ont une compétence nationale. Je ne pourrais pas dire international, parce que des fois, on devient internationale sans le dire. Donc, on a été particulièrement impliqués dans la guerre contre Boko Haram, par rapport à tout ce qui est observation aérienne à longue distance. Il fallait aller reconnaitre les objectifs, vérifier que c’est les bons. Il fallait appuyer avec le feu les troupes au sol quand c’était coincé. Et ça, on l’a principalement fait à Ashigashiya. 

 

Est-ce que depuis l’entrée en scène de cette force, les avions de combat restent sur l’offensive?

Les avions restent sur l’offensive. Mais vous savez que l’emploi de la 3e dimension coûte énormément cher. On ne va donc pas faire des vols pour s’amuser. On fait les vols d’entrainement et les vols opérationnels réels parce que ça coûte cher en carburant et en munitions. Vous savez que Boko Haram a changé son mode d’action. Ils ne font plus le combat face-à-face. Ils sont passés maintenant dans le mode Kamikazes qui est, à mon avis, le mode des fous. Et donc ce n’est plus la guerre conventionnelle. Mais, s’ils reviennent, on va monter d’un degré. Parce qu’on a encore la capacité. L’arme qu’on a utilisé pour tirer, ce n’est pas l’arme qu’on va utiliser s’ils recommencent là maintenant. On peut utiliser autre chose qui fait plus mal.

 

Quel a été l’impact de l’action d’Ashigashia sur vos hommes?

Le jour que vous avez un objectif devant vous, que vous appuyez sur la gâchette et que les obus partent sur l’objectif, vous êtes contents de ce que le travail fait en entrainement marche. Je vais être vicieux, pour moi, Boko Haram est une bonne chose. Ça me permet d’utiliser les avions concrètement sur un objectif réel et de m’entraîner sur le concret. Ça fait du bien aux hommes de savoir que là ce n’est plus la blague. C’est la guerre. Et on voit qu’en y allant ça marche. 

 

Nous avons appris que l’armée camerounaise aurait acquis des drones. Est-ce que vous confirmez cette information?

Là vous posez une question de journaliste, moi je vais vous répondre en technicien. Le drone est un instrument aérien qui est piloté depuis une base. Il y a des mini drones qu’on guide par VHF et dès que la portée VHF finit, vous ne voyez plus rien. Mais ce qu’on appelle effectivement drones de combats, qui peuvent être pilotés de n’importe où, alors que l’appareil est au Cameroun, c’est la panacée des pays qui ont un satellite. Ou alors quelqu’un peut vous prêter un faisceau satellite. Le Cameroun a des partenaires. Donc on n’est pas obligé d’avoir un drone ou alors on peut emprunter un faisceau satellite. 

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