INTEGRATION

Intgration.jpg Philpa.jpg Pub-foire-vin650x91.jpg Tous-unis-pour-le-Cameroun-650x91.jpg bandeau-Fiac-650x91.jpg bandeau-Yafe-650x91.jpg bandeau.jpg

Projets et programmes agricoles: Coup de pied dans la fourmilière

Écrit par  Jean-René Meva’a Amougou

Une quinzaine d’entre-eux dissouts la semaine dernière par le ministre camerounais de l’Agriculture et du Développement rural. Ils étaient, selon un audit réalisé depuis octobre 2016, pour certains inefficaces et pour d’autres le lit des détournements de fonds publics.

C’était un vrai désordre !

Henri Eyebe Ayissi, ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader). Çà, on le savait depuis octobre 2015. Après deux ans, il a pris le temps de voir, avant de s’affirmer réellement comme arbitre dans le gazouillis des projets et programmes agricoles au Cameroun. Certains diront cela n’est bon que pour la sociologie des émotions. Mais au-delà, il convient de situer la décision qu’il a prise le 20 juin dernier dans son contexte. En dissolvant une quinzaine de projets et programmes, le Minader ne siffle que la fin d’une récréation qui, à tous égards, commençait à faire le lit de l’incohérence des politiques publiques en matière agricole. On était en présence d’une foule extrêmement morcelée de protagonistes suivant chacun ses propres intérêts. Chacun d’entre eux avait sa propre vision du monde, son corpus de doctrine et sa stratégie, mobilisait des ressources de divers volumes, les déboursait au moyen d’instruments distincts, était équipé de ses propres procédures et répondait à ses propres systèmes de comptabilité.

Et si l’on veut juger la décision ministérielle à la lumière de cet environnement, il est légitime de dire qu’il fallait un peu d’ordre dans ce Capharnaüm. Un vrai désordre où les coûts multiples du morcellement des acteurs étaient tels qu’ils grevaient la capacité collective à faire face aux défis redoutables assignés au Minader. Un vrai désordre où les efforts pour coordonner une politique agricole donnaient des résultats qui étaient loin d’être à la hauteur des enjeux auxquels ils étaient censés répondre. Malgré le nombre croissant d’indicateurs d’urgence, les engagements globaux à s’attaquer aux défis globaux continuaient à trébucher sur l’incohérence des politiques adoptées, ainsi que sur la dispersion et les comportements désordonnés qui nuisaient à leur efficacité. Il en résultait que, dans le seul Minader, une incroyable batterie de discours et d’orientations, défendue par divers types d’intervenants (publics, privés et hybrides), coexistait à un moment donné sur un sujet donné. 

Le présent dossier tend d’abord à montrer qu’il est inutile de pleurer la disparition de certains programmes et projets. Ensuite, il tente d’expliquer pourquoi quelques-uns ont été jugés inutiles par Henri Eyebe Ayissi. Enfin, il donne en grand format la liste de ceux au sein desquels la politique agricole du pays sera désormais menée.


Projets et programmes agricoles: Grande mue dans le dispositif

A la suite d’un audit organisationnel commandité en octobre 2016 au Minader, la liste des instruments de politique agricole au Cameroun a fait l’objet d’un important toilettage le 20 juin 2017.

C’est un coup de pied qui vient d’être donné dans la fourmilière des projets et programmes opérationnels au ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader). Dans une note d’information qu’il a signée le 20 juin 2017, Henri Eyebe Ayissi, le patron de cette institution gouvernementale, se veut précis. «Quinze (15) programmes et projets opérationnels du Minader sur les 28 audités ont été dissouts; onze (11) nouveaux projets opérationnels ont été créés ; quatre (04) programmes ont été reconduits dans leurs activités, moyennant un recadrage de leurs mandats spécifiques et un ajustement de leurs dénominations pour certains; six (06) projets et programmes ont été maintenus dans leurs mandats spécifiques», lit-on dans cette note ministérielle inspirée des recommandations du groupe de travail mis en place en octobre 2016. 

D’ores et déjà, pour l’exercice 2018, des instructions ont été données aux différentes équipes commises aux activités de préparation du budget du Minader. Elles ont été chargées, apprend-on, de s’assurer, dès janvier prochain, de la nouvelle configuration des projets et programmes opérationnels dans le budget programme de ce département ministériel. D’une part, le gros du travail de ces équipes est d’actualiser le cadre des dépenses à moyen terme pour la période 2018-2020, et, d’autre part, à préparer le calendrier du budget annuel de l’Etat pour 2018. 

 

Innovations

Cette restructuration, éclaire Henri Eyebe Ayissi, apporte trois principales innovations. La première est la création d’un projet opérationnel chargé exclusivement de la production de la semence agricole, pour toutes les spéculations. Dénommé «Projet d’appui à la production du matériel végétal de qualité» (PAPMAV-Q), il vise à lever les deux principales contraintes du système semencier national actuel (insuffisance de collaboration et de coordination entre les différents acteurs, absence de rigueur dans la maintenance des espèces et variétés en cours de commercialisation).  

La seconde est l’option prise pour un regroupement et un recentrage des activités des projets opérationnels créés autour d’un objet principal, à savoir le développement et la valorisation des filières agricoles concernées. 

La dernière quant à elle, réside dans l’option de réactivation et d’encadrement de proximité des producteurs agricoles. 

Plus loin dans la même note d’information, le Minader souligne que la démarche engagée depuis octobre 2016 vise un objectif majeur: «redresser le fonctionnement de l’ensemble des projets et programmes opérationnels à financement exclusif du Budget d’investissement public (Bip)». En clair, ajoute Henri Eyebe Ayissi, il s’agit d’un processus censé induire au moins cinq bénéfices notamment: «le relèvement des niveaux actuels des productions dans les différentes filières agricoles ; l’amélioration des revenus des producteurs ainsi que leurs conditions de vie ; le renforcement de la sécurité alimentaire du Cameroun ; l’approvisionnement des marchés de la sous-région Afrique centrale et au-delà ; le relèvement de la contribution du secteur agricole à l’accélération de la croissance économique nationale» 

 

Que deviennent les projets et programmes dissouts ?

La réponse à cette interrogation se trouve dans l’article 5 de la décision 00696/ Minader/ CAB/ UCSP du 1er juin 2017. Ce texte ministériel stipule en effet que «la mise en œuvre des programmes de travail et budgets annuels (PTBA) 2017, des avant-projets (APE) 2017 validés pour les projets et programmes se poursuit normalement, à titre transitoire, sous la responsabilité des coordonnateurs des projets et programmes en activité, jusqu’au 31 décembre 2017». En fait, les modalités de fonctionnement et de déroulement de leurs activités, y compris les documents signés par leurs coordonnateurs respectifs, demeurent valables pour la date mentionnée supra.

Par ailleurs, leur patrimoine ainsi que leurs ressources financières et humaines seront dévolus aux nouveaux projets et programmes créés. Une commission ad hoc a été instituée à cet effet. 

Au regard de la liste actualisée (constituée exclusivement de projets et programmes  financés par le Bip), les structures à financement FODECC ou à financements conjoints avec d’autres ministères ou des partenaires internationaux ne sont pas concernées par la restructuration opérée.


De l’invisibilité à l’échec

Gargarisés par l’épaisseur des ressources financières à eux allouées, les projets et programmes dissouts ont brillé par leur léthargie et des scandales. Le tout sans véritable inclinaison stratégique et opérationnelle.

Prison centrale de Yaoundé, début février 2015, Paul Sikapin est placé sous mandat de dépôt. Relevé de ses fonctions au Minader un an plutôt,  l’ex-coordonnateur du Programme national d'appui à la filière maïs (PNAFM) cristallisait alors des soupçons de détournement de deniers publics. Transmis le 12 juin 2009 à Jean Nkueté (le Vice-premier ministre chargé de l'Agriculture et du Développement rural d’alors, le rapport de la mission d'investigation de la Commission nationale anti-corruption (Conac) sur les pratiques de corruption au sein du PNAFM confirmait la vénalité de 47 cadres du Minader. En remuant les cendres de cette affaire née en 2006, au Tribunal criminel spécial (TCS) l’on parlait d’un scandale financier évalué à environ 700 millions de francs CFA. Au rang des éléments mis au passif des responsables en cause au Minader, figurait un ensemble de dysfonctionnements: les six critères prévus par le guide de sélection des micro-projets n'avaient pas été respectés; 30 Gic figurant sur la liste des bénéficiaires ne se retrouvaient nulle part dans les localités où ils étaient supposés conduire leurs activités; 13 Gic ayant bénéficié d'une subvention dans les registres n'en avaient jamais été informés; certains Gic dont les noms apparaissaient deux fois sur la liste des bénéficiaires dans un même département avaient perçu doublement la subvention; des cas d'extorsion des fonds aux paysans bénéficiaires de la subvention par leurs encadreurs de proximité étaient aussi signalés... 

 

Sans appel

Comble des combles, aujourd’hui, le PNAFM est dissout. Il est dissout en même temps que 14 autres projets et programmes opérationnels à financement exclusif du Bip/Minader (voir page 9). Une sanction sans appel. «Cela n'a rien de fantaisiste. Au-delà des budgets qui leur étaient alloués, rien de concret dans le travail de ces entités ne peut être brandi depuis leur création», souffle une source au Minader. Dans le fond, cette lecture n’est autre que celle du groupe de travail mis sur pied dans l’optique de la recherche d’une amélioration des performances, par rapport aux attentes respectives de l’Etat et des différents acteurs dans les secteurs concernés. «Ils ont vu très négativement le bilan de ces structures», renseigne une autre source. En 2004, par exemple, le PNAFM avait bénéficié d’un budget total de 5,2 milliards de francs CFA pour trois ans avait été déclaré éligible sur fonds PPTE (Pays pauvres très endettés). Comme lui, les 14 autres projets et programmes rayés de l’échiquier du Minader, bien que dotés d’atouts importants, n’ont cessé d’accumuler les échecs, entraînant parfois la multiplication de problèmes. 

Lu 60 fois

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

-01.jpg -02.jpg -03.jpg -04.jpg -05.jpg -06.jpg -07.jpg -08.jpg -09.jpg -10.jpg -11.jpg -12.jpg Deutsche_Welle_Logo.jpg FB_IMG-664x469.jpg Insert-Eneo-Recrute-664x469.jpg Pub p12-664x469.jpg Tous-unis-pour-le-Cameroun-664x469.jpg insert-Araucaria-2016-664x469.jpg

Nous contacter

    • Journal Intégration

    • Adresse :

      Quartier Nkomkana, Immeuble Diane

      (face station service Total)

    • BP : 33 266 Yaoundé-Cameroun

    • Tél : +237 676 203 709

              +237 699 931 042

              +237 243 296 303

    • Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

                  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Vous êtes ici : Home Panorama Dossier Projets et programmes agricoles: Coup de pied dans la fourmilière