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Richard Danziger: «Il y a 170 000 camerounais en situation de déplacés»

Écrit par  Thierry Ndong

Le directeur régional de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, basé à Dakar, fait le bilan de sa visite au Cameroun.

Monsieur le directeur régional de l’OIM, vous revenez de Maroua où vous avez rendu visite aux réfugiés et aux personnes déplacées internes. Quel est votre sentiment?

D’abord, on n’était pas dans les camps des réfugiés. Nous avons visité des déplacés camerounais qui sont dans la ville de Mokolo. Mon sentiment, honnêtement, c’était plus dur que je ne m’imaginais. Monsieur l’ambassadeur du Japon, la coordonnatrice du Système des Nations unies et moi avons visité plusieurs familles de déplacés qui sont logées chez des habitants de Mokolo. Ce n’est pas trop exagéré de dire qu’on a vu pas mal de souffrance à laquelle je ne m’attendais pas. Cela dit, il y a de nombreuses activités du gouvernement du Cameroun, du Système des Nations unies et des partenaires internationaux. Mais, ce n’est pas assez. Il y a quand même 170 000 personnes déplacées internes camerounaises dans la région de l’Extrême-Nord. Et elles ont des besoins qui, pour l’instant, ne sont pas satisfaits. À part les besoins immédiats, ce qui est tout aussi important, c’est qu’il faut déjà commencer à regarder vers l’avenir. Nous avons rencontré des personnes qui n’ont pas travaillé depuis deux ans, des enfants qui ne sont pas allés à l’école; Il faut absolument les remettre dans un train de vie normal ou régulier et leur redonner de l’espoir.

 

Leur redonner de l’espoir consiste en quoi concrètement? Quelles actions comptez-vous mener en faveur de ces personnes?

D’abord, il faut voir avec les déplacés eux-mêmes. Nous leur avons posé des questions sur ce qu’ils ont envie de faire. Au terme de nos discussions, nous avons retenu que certains veulent continuer à cultiver des terres, d’autres souhaitent ouvrir de petits commerces. Bref, chacun veut être actif. Nous avons aussi rencontré des déplacés qui ont dit ne pas bien se porter émotionnellement. Quand ils pensent à retourner chez eux, plusieurs d’entre eux ne savent pas par où recommencer. On a donc besoin de les occuper et de leur donner le sentiment qu’il y aura beaucoup d’opportunités une fois de retour chez eux.

 

Que peut-on retenir des échanges que vous avez eus avec le gouverneur de l’Extrême-Nord au cours de votre visite dans la région?

Nous avons des échanges très positifs et très fructueux avec le gouverneur de l’Extrême-Nord. Il n’y a aucune divergence de points de vue entre les Nations unies et l’OIM, le gouverneur de l’Extrême-Nord et évidemment, le gouvernement camerounais. Nous sommes tous d’accord qu’il faut davantage se mobiliser, travailler ensemble. Et surtout, de l’extérieur, il faut que nous en parlions, afin que le monde sache qu’il y a un problème dans cette région, qui affecte plusieurs centaines de milliers de Camerounais; encore plus dans les pays avoisinants. Et que ce n’est pas tout. Le Moyen Orient, le Centre de l’Asie, la Corne de l’Afrique connaissent des problèmes d’insécurité.

 

Il y a comme une sorte de chevauchement entre le HCR, le CICR et l’OIM. Qu’est-ce que votre organisation apporte concrètement dans la gestion des personnes déplacées internes et des réfugiés?

Dans la situation dont on parle dans l’Extrême-Nord, l’OIM fait concrètement le profilage des déplacés et d’une partie de la population des réfugiés; c’est-à-dire, nous travaillons avec la population locale pour compter combien de personnes sont déplacées, où elles se trouvent. Ce qui nous permet de faire un profil de base. Nous communiquons cette information à tous les acteurs dont les Nations unies, le gouvernement, pour pouvoir mieux cibler l’assistance. Donc, je dirais, en ce qui concerne la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, qu’il n’y a pas de chevauchement entre ces trois agences et les autres. Il y a plutôt une complémentarité. Nous devons tous travailler ensemble.

 

La signature d’un accord de siège était prévue dans le programme de votre visite au Cameroun. On n’en parle plus trop. Est-ce à dire que Yaoundé reste sous la dépendance de Dakar?

Je ne vais pas dire que Yaoundé dépend de Dakar, mais que nos bureaux au Cameroun apportent un soutien à Dakar. Il y a un accord de siège qui date de plusieurs années. On pourrait peut-être rediscuter un peu. Mais, nous avons nos bureaux ici au Cameroun qui sont tout à fait indépendants et qui entretiennent des relations satisfaisantes avec le gouvernement. Mon rôle et celui de mes collègues de Dakar, c’est de donner de l’appui à ceux qui sont basés ici.

 

Comment appréciez-vous les mesures prises par le gouvernement du Cameroun pour le problème des déplacés dans l’Extrême-Nord, après vos échanges avec le secrétariat général de la présidence de la République, le ministère de l’Administration territoriale, le ministère des Relations extérieures?

Le gouvernement est tout à fait conscient du problème. Dans chacune de nos réunions avec les membres du gouvernement, accompagnés par la coordonnatrice du Système des Nations unies, nous avons mesuré l’ampleur du problème. Je pense que nous avons tous été un peu surpris de la vitesse avec laquelle le nombre de Camerounais affectés par cette crise a augmenté. C’est clair que pour l’instant, le gouvernement camerounais a beaucoup de priorités et beaucoup de problèmes auxquels il fait face. Ils sont d’ordre économique, sécuritaire et la crise humanitaire. Le gouvernement a une très bonne idée de ce qu’il faut faire et de comment il faut le faire. Il est au fait de l’appui qu’il faut à l’Extrême-Nord et du genre de partenariat qu’il faut nouer avec les organisations humanitaires.

Propos rassemblés par Thierry Ndong

 

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