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Crise anglophone: L’invitée indésirable du Fodias 2017

Écrit par  Engelbert Essomba Bengono et Jean-René Meva’a Amougou

Durant deux jours à Yaoundé, les participants au Forum de la diaspora (Fodias) 2017 ont dû faire face au bouclier anti-questions qui fâchent.

La semaine dernière donc, mettant en œuvre une prescription du chef de l'Etat, M. Paul Biya, le gouvernement a organisé le premier Forum de la diaspora (Fodias) avec les Camerounais vivant à l'étranger. Cette rencontre a marqué un tournant décisif dans les relations de méfiance réciproque qui existent entre le gouvernement et nos compatriotes vivant à l'étranger. Une nouvelle saison de ces relations s'ouvre donc. En effet, nous avons eu le sentiment, réel, que le mur des préjugés défavorables s'est effondré, et qu'il faudra une énergie colossale et plusieurs tonnes de mauvaises intentions pour le reconstruire. Le gouvernement et la diaspora ont confirmé ce qu'on savait d'eux.

Le gouvernement a confirmé que lorsqu'il a l'initiative et la bonne disposition, il peut renverser les situations mêmes les plus désespérées. Au moment où la crise anglophone s'enlise dans un dialogue de sourds, le gouvernement donne-là la preuve qu'il est capable de discuter avec tout le monde, d'emblée. Le gouvernement a également confirmé qu'il sait où se trouve les 5 millions de camerounais éparpillés, dispersés, ou même disséminés à travers le monde. Assurez-vous, il a fallu trouver les participants du Fodias, les contacter, les convaincre de venir au Cameroun discuter des possibilités de travailler ensemble. Sur quoi? Ça c'est un autre débat. 

La diaspora, quant à elle, a confirmé qu'elle existe et qu'elle n'est pas uniquement le conglomérat d'individus félons connus, hostiles au gouvernement et au régime. Les membres de cette diaspora du Fodias ont confirmé qu'ils ont du respect pour le gouvernement d’une part, et quelque chose à apporter dans la construction nationale d'autre part. Et les chantiers sont nombreux. Plus significative encore est sa volonté d'apporter ce quelque chose dans la vision du Président Biya dont le septennat est finissant. Cela atteste, si besoin était, que cette diaspora là n'a pas de conditionnalité politique ni de préalable personnel insurmontable. La diaspora du Fodias a enfin confirmé qu'elle a une faiblesse congénitale : l'absence d'un lien organisationnel et d'une conscience structurée de groupe. Pour avoir ce lien de cohésion et cette conscience, le gouvernement vient de lui offrir le cadre, la reconnaissance et la légitimité qui lui manquaient. Désormais, elle pourra agir et s'exprimer sur le champ public, sans avoir besoin d'une forme précise conforme à la loi sur les associations : elle est la diaspora et cela est suffisant. Que faut-il donc en attendre désormais?

Les suites sont nombreuses. Sur le plan de la courtoisie et de la convivialité, il faut s'attendre à ce que les autorités camerounaises en général et le Président Biya en particulier soient mieux accueillis dans les pays où il y a un membre actif de cette diaspora. La diaspora des loubards ne devrait plus exprimer, seule, sa détestation et sa haine du Cameroun. La diaspora du Fodias doit pouvoir exprimer plus fort encore son amour du Cameroun et son attachement à la vision.

Au plan des réalisations, le gouvernement a créé une opportunité à saisir par tous nos compatriotes qui veulent contribuer, autrement que par le passé, à la construction des chaînes des valeurs ajoutées au Cameroun. Au demeurant, tout bon camerounais sait ce dont ce pays a le plus besoin. Les familles n’ont pas à craindre que le viatique qui leur vient de la diaspora baisse. Au contraire, si les initiatives des membres de la diaspora sont mieux coordonnées, il faut s’attendre à une augmentation des interventions directes en faveur des familles dans diverses choses que nous pouvons toucher du doigt dans nos villes et dans nos campagnes.

En revanche, il faut dès à présent structurer la diaspora et sa représentation publique. Au moins pour éviter la multiplicité de représentation, source de gaspillage et d’irresponsabilité. Qui parle en son nom ? D'où parle-t-il ? La résolution de la question politique en relation avec la diaspora est donc essentielle. Elle a été éludée au Fodias, mais qui peut nier que tous ne parlaient que de ça ? La diaspora a déjà obtenu le droit de vote à l'élection présidentielle. Il faut étendre ce droit aux élections législatives. Et corollairement, créer au moins quatre sièges de député à l'Assemblée nationale pour les diasporas des régions américaines, européennes, asiatiques et africaines qui sont les plus représentées. La question politique passe aussi par la nationalité pleine. Qui est Camerounais parmi tous ces frères et sœurs ? Qui est étranger ? 

Au plan économique et financier, il faut en finir avec l’inertie, la paresse et l’intérim permanent qui délayent toute possibilité d’épanouissement individuel et collectif. Il faut aussi spécifier le crédit d'investissement, sachant que les membres de la diaspora ont un gain de change. Surtout quand ils investissent avec le statut d’étranger. L’agence de promotion des investissements, la banque des petites et moyennes entreprises, la future banque agricole, le groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), les autres structures d'action économique, le gouvernement, bien sûr, ont, chacun dans ses compétences, un rôle fondamental à jouer. Ensuite au plan sociétal, la question diasporique passe par le changement du regard national sur des valeurs impopulaires, acquises au contact de l'étranger par certains membres de la diaspora. Au plan du vivre ensemble enfin, il y a lieu d'amplifier les initiatives prises par la diaspora elle-même dans des pays comme l'Allemagne, la France, la Belgique et la Tunisie. 

Même si tous ces préalables indispensables étaient remplis, qui peut croire que la diaspora détienne, seule, la panacée ? Malgré sa grande capacité de sens. Nous sommes Camerounais et nous nous connaissons. Toujours brillant quand il s'agit de s'affirmer seul dans un domaine, le Camerounais a de la peine à faire valoir sa compétence dans une équipe. Par manque d'humilité certainement d'abord. Par orgueil ensuite. Par exaltation excessive du «moi» enfin. Le Président Biya dira même que les Camerounais sont «individualistes». Un préjugé social défavorable entoure le travail en commun, le vivre ensemble et notre capacité à tenir durablement un cap d'intérêt général. La diaspora est donc enveloppée d’une bâche d’illusions, entretenues de part et d'autre et dont il faut vite se débarrasser pour capter et canaliser, sans douleur, la formidable énergie de développement dont elle est enceinte.


Crise anglophone: L’invitée indésirable du Fodias 2017

Durant deux jours à Yaoundé, les participants au Forum de la diaspora (Fodias) 2017 ont dû faire face au bouclier anti-questions qui fâchent.

 Justus Agbor et son épouse au pied du palais des Congrès le 28 juin 2017.

«Je souhaite que cette crise, qui symbolise aussi le malaise de la diaspora anglophone, confrontée aux nombreuses incivilités, soit débattue sur la place publique». Une phrase, rageusement répétée par Justus Agbor, la presse accoure. Ce 28 juin, jour d’ouverture des travaux du Fodias 2017, l’homme, en compagnie de son épouse et ses trois enfants, a pris ses quartiers dans l’un des jardins ouest du palais des Congrès de Yaoundé. Il dit n’avoir «pas eu meilleure chance de se faire entendre que cette occasion qui réunit la diaspora camerounaise». Sur les traverses d’un petit lit en bambous, le chef de la petite famille se montre rétif à tout dialogue avant de se faire expulser par les forces de sécurité. La scène se déroule après le départ de Philemon Yang, le Premier ministre, venu ouvrir les travaux au nom du chef de l’Etat.

 

Murmures

Peu avant cette séquence protocolaire, on a entendu deux hommes murmurer des phrases incandescentes autour de la crise anglophone au Cameroun. Venus des États-Unis, tous les deux tiennent des propos échevelés qui ne s’arrêtent que le temps du passage d’un policier. Dans un verbiage polyglotte, ils promettent de «dire à toute la diaspora d’imposer au gouvernement un ordre du jour axé sur la résolution du problème anglophone». Mal leur en a pris puisqu’ils sont finalement expulsés de l’enceinte du palais des Congrès. 

 

Bouclier

Mis au parfum, le comité d’organisation tient à une séparation bien tranchée de la crise anglophone d’avec les autres thèmes inscrits à l’ordre du jour des travaux. L’un des personnels souffle même que les services spéciaux de la capitale ont envisagé un éventuel dérapage d’une «certaine diaspora». «Là, confie un huissier de protocole, on voit la véracité des informations reçues et selon lesquelles, quelques propagandistes, travestis en participants, sont dans les parages». 

Enrobées dans un discours plus musclé, les directives d’un officier de gendarmerie insinuent la dénonciation de toute velléité allant dans un sens contraire aux objectifs du Fodias 2017. En clair, «ne pas permettre aux polémiques de fuser… Elles permettraient à un mauvais coup médiatique de partir!», instruit le haut-gradé à ses subalternes.  Ces derniers ont les visages fermés, prêts à toute éventualité. 

A cet égard, force est de constater que la grand-messe de la diaspora camerounaise est devenue un événement d’autant plus «guetté» que les pouvoirs publics ont mis des moyens conséquents, contribuant de fait à forger le succès des travaux et des discussions. Diverses équipes ont tenu leur rôle : contenir le choc probable d’une thématique sociopolitique, susceptible de compromettre la structure évolutive de l’agenda. En l’état, le dispositif d’alerte s’est alors décliné en une succession de tableaux décryptant les comportements et les mots sous le vernis de la sécurité. L’ambiance, bien cadrée, a permis à de nombreux participants de se confondre pour accoucher d’un propos lénifiant à l’endroit des organisateurs. «Ici, dès les premiers instants, on a compris que la charge réactionnaire des uns et des autres contre le pouvoir a été abolie au profit de ce dernier», souffle un «diasporien» venu de France. Basé en Allemagne, un autre est plus prudent. «Dans l’avion, on se disait que c’est le bon moment. Nous avons des idées à proposer au gouvernement par rapport à la crise anglophone ; ils nous ont tendu la main. Mais une fois ici, on s’est rendu compte qu’on a fait un mauvais pronostic et qu’on rester tranquille. Même si on a une boule dans la gorge, on sait qu’on n’a pas le droit de craquer jusqu’à la fin des travaux. Il faut trouver la bonne posture, un juste milieu. Par exemple, ne rien dire sur le sujet, mais on doit tout de même leur montrer qu’on n’est pas content que ce sujet soit écarté des débats», avoue-t-il. 

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