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Vox populi: Yaoundé, la ville respire-t-elle encore?

Écrit par  Engelbert Essomba Bengono

Le visiteur qui arrive à Yaoundé ou à Douala pour la première fois et reste dans sa chambre de l'un des hôtels de luxe ne saura jamais les difficultés que connaissent ces deux grandes villes camerounaises.

Douala et Yaoundé ont fait de nombreux efforts pour se doter d'infrastructures hôtelières confortables, bien que le nombre de chambres disponibles soit encore insuffisant. Des efforts fournis sur l'initiative du secteur privé. Des efforts ont également été faits, surtout à Douala, pour diversifier l'offre en lieux de gastronomie de masse (restaurants) et en lieux de divertissement de qualité, malgré l'absence d'originalité culturelle. Des efforts sont aussi faits dans l'offre de la fibre optique pour une couverture maximale des deux métropoles et de leurs environs. D'autres efforts sont enfin fournis par les pouvoirs publics, les communautés urbaines et le ministère de l'Habitat et du Développement urbain notamment, pour améliorer les voiries, les infrastructures d'usage public, l'habitat à loyer modéré ou social, le mobilier urbain, les services de santé de base, la sécurité et la qualité de vie. 

Néanmoins, les habitants des deux villes consomment un menu stressant, véritable cocktail de pénibilité, de désagréments, de nuisances et d'inconfort. Ce menu comprend: la dégradation des voiries, le désordre urbain créé par les soi-disant « nouveaux métiers » de la ville (braiseurs de porc, de poulet, de viande de bœuf, de poisson, call-box, quincailleries ambulantes, les motos-taxi, etc.), l'absence ou l'inefficacité des moyens de transport de masse, l'absence d'une police municipale digne de ce nom, les nuisances sonores, l'insuffisance des logements sociaux, l'inaccessibilité de ceux qui existent, le déficit en énergie électrique et en eau potable, la tension de la ceinture végétale, l'habitat spontané, l'instabilité chronique du réseau téléphonique et l'absence de lieux de culture, de jeux de masse et de mémoire. 

Tous les jours, les populations de Yaoundé subissent une coupure d'électricité d'au moins deux heures. Les coupures sont fréquentes, intempestives, régulières, inattendues, brusques et stressantes. Aucun quartier de la ville n'en est épargné. La société de distribution de l'électricité ne fait même plus de communiqué tant le désagrément est devenu banal. Le drame a des effets mécaniques: dès que la coupure arrive, l'eau courante s'arrête aussi. Bien plus, dans certains quartiers, il n'y a pas d'eau avant 9 heures du matin. Imaginez la tête que nous faisons au réveil! Les populations cherchent, en vain, une tête-à-claques pour déverser tout le courroux accumulé.

L'autre plat du menu et que les populations de Yaoundé consomment le plus est la mauvaise qualité de la voirie urbaine. Oui, les routes dites secondaires. Celles qui relient nos lieux d'habitation aux routes principales sont dans un très mauvais état. On ne dirait pas des routes d'une grande ville. Quand vous y ajoutez la dégradation résultant des travaux de renforcement du réseau de distribution de l'eau potable (bonne réalisation au demeurant), vous comprenez le drame citadin que vivent ceux qui habitent Yaoundé la capitale ! 

C'est à 4 ou 5 kilomètres, à la sortie de l'aéroport, que la plaie, béante, vous accueille. Vous ne pouvez aller convenablement et sûrement ni à gauche, ni à droite, quelle que soit la destination ou la piste. Quittez la route principale de cent mètres seulement et vous croirez que vous n'êtes plus dans la capitale. Quelle que soit la saison, vous serez marqué durablement. Non seulement ces routes secondaires ne sont pas bitumées, mais en plus, elles ne sont pas tracées. Leur entretien, non plus, ne semble prévu nulle part, même quand elles existent sur un lotissement communal. En réalité, la grande majorité est faite de pistes d'accès aux différents lieux d'habitation. Ces pistes sont construites par la nécessité et par la force des choses. Tortueuses à souhait, elles serpentent les quartiers dont la principale vertu est l'habitat spontané. Sans aucun plan précis ni connu, chacun s'installe comme il peut où il veut, jusqu'à ce que les services de la commune territorialement compétente viennent inscrire une croix de démolition sur le mur. En général, ne vous fiez pas à la croix; poursuivez vos travaux, il ne vous arrivera rien. Pour accéder à ces lieux où des maisons de rêve sont construites, il vous faut un véhicule 4x4 en très bon état de marche. A cause du mauvais état de ces routes secondaires, celles principales généralement bitumées sont dans un état de saleté qui décourage les agents de la société chargée du nettoyage manuel et du ramassage des ordures ménagères.

Le salmigondis routier de Yaoundé se complique avec la mauvaise qualité des travaux effectués par les sociétés chargées de les exécuter. A vue d'œil, la consistance étonne et inquiète tant la malfaçon, l'approximatif et le provisoire dominent. Aussi ne s'étonne-t-on pas de voir les mêmes travaux repris quelques mois ou quelques années après la réception déclarée définitive des précédents.

Last but not the least, Yaoundé perd au fil du temps sa verdure. Yaoundé n'a plus d'ombrage. Il fait désormais chaud à Yaoundé! Oui! Le changement climatique certainement, mais davantage comme effet de l'action humaine.

Nous avons donc un problème. Nous avons mal à notre Yaoundé. Nous avons mal à nos villes. Nous avons d'autant plus mal que Yaoundé a été adoptée par plusieurs autres villes du Cameroun comme le modèle à suivre. Si rien n'est fait pour améliorer la situation actuelle, la beauté de cœur des paisibles populations de Yaoundé va se transformer en tristesse incurable! «Tant que Yaoundé respire, le Cameroun vit !», disait un grand contemporain. Il faut, plus que jamais, un statut spécial qui permette à cette ville qui s'étouffe et s'asphyxie de respirer bien plus qu'elle ne l'a fait hier; bien plus qu'elle ne le fait aujourd'hui. Pour que le Cameroun vive vraiment! 

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