Integration : La tribune des communautés http://www.journalintegration.com Thu, 25 May 2017 12:07:33 +0000 Joomla! - Open Source Content Management http://journalintegration.com/images/integration-logo.png Integration : La tribune des communautés http://journalintegration.com fr-fr Economie et finance: le poids de chaque pays de la Cemac au 1er trimestre 2017 http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/804-economie-et-finance-le-poids-de-chaque-pays-de-la-cemac-au-1er-trimestre-2017 http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/804-economie-et-finance-le-poids-de-chaque-pays-de-la-cemac-au-1er-trimestre-2017 Photo de famille à l’ouverture des travaux.

VUE D’ENSEMBLE 

En 2016, la croissance de l’économie mondiale s’est établie à 3,1 % après 3,2 % en 2015, en raison du ralentissement de l’activité dans les pays avancés, d’une stabilisation dans les économies émergentes et en développement et de la poursuite de la baisse des cours du pétrole brut sur les marchés mondiaux. Les prévisions du Fonds Monétaire International (FMI) pour 2017 tablent sur une accélération de l’activité économique mondiale, en particulier dans les économies émergentes et en développement, avec un taux de croissance à 3,4 %. Toutefois, ces perspectives pourraient être affectées par les mesures protectionnistes annoncées aux Etats Unis, le durcissement des conditions financières mondiales, les tensions géopolitiques et le ralentissement de l’économie chinoise. Au niveau des différentes zones, la croissance des économies avancées a ralenti à 1,6 % en 2016 contre 2,1 % en 2015 ; elle devrait remonter légèrement à 1,9 % en 2017. Dans les pays émergents et en développement, l’activité économique progresserait de 4,5 % en 2017, après un taux de croissance du PIB réel de 4,1 % en 2016 et en 2015. En Afrique subsaharienne, la croissance a ralenti considérablement en raison principalement de la poursuite de l’ajustement à la baisse des prix des produits de base. Le taux de croissance s’est ainsi situé à 1,6 % en 2016 après 3,4 % en 2015. Ce taux devrait s’élever à 2,8 % en 2017. En ce qui concerne les pays de la CEMAC, la croissance s’est ralentie au cours de l’année 2016, en raison principalement des effets persistants de la chute des cours du pétrole et dans une certaine mesure, de l’effort budgétaire pour le maintien de la sécurité en République Centrafricaine et dans l’Extrême Nord du Cameroun. Ainsi, les estimations des services de la BEAC font ressortir : i) un taux de croissance du PIB réel en recul à 0,2 % (-6,4 % pour le secteur pétrolier et +2,3 % pour le secteur non pétrolier) contre 1,7 % en 2015, ii) une baisse des tensions sur les prix, le taux d’inflation étant revenu à 1,1 % contre 2,5 % en 2015, iii) un déficit budgétaire, base engagements, hors dons en augmentation à 5,6 % du PIB contre 3,3 % du PIB en 2015, et iv) une légère amélioration du déficit des transactions courantes de la CEMAC qui est passé de 12,2 % en 2015 à 11,7 % du PIB en 2016. Sur le plan monétaire, la masse monétaire a reculé de 5,7 % contre -1,3 % en 2015, et le taux de couverture extérieure de la monnaie a subi une contraction notable pour revenir à 56,8 % contre 77,1 % un an plus tôt. Enfin, l’on a enregistré une position nette débitrice de l’ensemble des Etats sur le système bancaire de la CEMAC en raison du recours de la plupart des Etats aux avances statutaires de la BEAC et aux appuis des banques. Pour 2017, la situation devrait se redresser avec la remontée des cours du pétrole brut sur les marchés internationaux et la mise en œuvre des réformes du Programme des Réformes Economiques et Financières de la CEMAC (PREF-CEMAC), renforcées par les programmes du FMI. La présente note passe en revue l’évolution économique et financière récente des pays de la CEMAC ainsi que les perspectives macroéconomiques pour l’année 2017, en examinant successivement les évolutions dans les secteurs réel, public, extérieur et monétaire. 

 

I. EVOLUTION ECONOMIQUE ET FINANCIERE RECENTE DES PAYS DE LA CEMAC1 

Les principaux arguments qui sous-tendent les estimations du cadre macroéconomique pour l’année 2016 ont trait à: - au plan international: i) un ralentissement de l’activité économique mondiale, ii) une baisse des cours moyens des principaux produits d’exportation, particulièrement le pétrole brut (-15,7 % à 42,8 dollars/baril), l’aluminium ( -3,6 % à 1604,2 dollar/tonne) et le cacao (-7,8 % à 2892,0 dollars/tonne), et iii) une légère appréciation du taux de change du dollar/F CFA de +0,3 % à 592,7 FCFA/$ ; - au plan sous-régional: i) une production du pétrole en recul de 8,2 % à 44,0 millions de tonnes alors que celle du méthanol et autres gaz a progressé de 7,0 % à 6 235,7 mille tonnes, ii) une baisse de la production de coton-graine de 6,6 % à 383,5 milliers de tonnes, iii) une augmentation de la production de cacao de 5,0 % à 325,5 milliers de tonnes, iv) un accroissement de la production de bois en grume de 5,0 % à 8483,5 milliers de m 3 , et v) une croissance modérée des activités dans les branches agro-pastorales, la sylviculture, les industries manufacturières et les services marchands. 

 

A. SECTEUR REEL

En 2016, l’activité économique de la CEMAC a été marquée par un ralentissement de la croissance économique à +0,2 % contre +1,7 % en 2015 (Cf. Tableau n° 1 en Annexe). Le secteur pétrolier a reculé de +6,4 % après une croissance nulle en 2015, tandis que le secteur non pétrolier a enregistré une croissance de 2,3 % contre +2,2 % en 2015. En termes de contribution, le secteur pétrolier a pesé de -1,5 point après un apport nul en 2015, alors que la participation du secteur non pétrolier s’est stabilisée à 1,7 point en 2016. Par pays, la croissance économique s’est accélérée en République Centrafricaine (5,3 % en 2016 contre 4,9 % en 2015) alors qu’elle a ralenti au Cameroun (5,0 % en 2016 contre 5,8 % en 2015) et au Gabon (2,1 % en 2016 contre 2,9 % un an auparavant). Par contre, le taux de croissance est devenu négatif au Tchad (-5,1 % en 2016 contre +2,5 % un l’année précédente) et au Congo (-2,1 % en 2016 contre +2,8 % en 2015), pendant que la Guinée Equatoriale a continué de décélérer (-6,0 % en 2016 contre -9,5 % en 2015). Selon l’optique demande, l’activité a été tirée par la demande intérieure avec un apport de 1,1 point, du fait essentiellement de la contribution positive de la consommation publique, grâce à la poursuite des recrutements des fonctionnaires et agents de maintien de l’ordre dans certains pays de la sous-région (Congo, Tchad), et à la refonte de la grille des salaires de la fonction publique qui s’est traduite par une augmentation sensible des salaires au Gabon. La participation de la consommation privée, qui a finalement progressé pour se situer à 0,0 point contre -5,0 points en 2015, a tiré profit en 2016 de l’augmentation de +2,6 % des salaires et traitements des agents des Etats de la zone. De leur côté, les investissements bruts ont contribué à cette évolution, dans une moindre mesure, à hauteur de -0,2 point après -5,5 points en 2015. Cette progression a été réalisée grâce à la participation positive de l’investissement public traduisant la poursuite des travaux d’infrastructures en faveur des Coupes d’Afrique des Nations 2016 et 2019 au Cameroun, et 2017 au Gabon. Dans le même temps, le redressement de l’investissement privé non pétrolier (+1,3 point contre -1,2 point en 2015) a été tiré par les travaux d’extension du réseau 4G réalisées par les sociétés de télécommunications et la construction des nouvelles cimenteries dans quelques pays (Congo, Cameroun). Néanmoins, les investissements en zone CEMAC ont reculé à 27,3 % du PIB contre 30,8 % du PIB en 2015. De son côté, la demande extérieure nette a obéré la croissance à hauteur de 0,9 point après +13,0 points en 2015, en lien avec la contribution négative des importations de 3,5 points contre +10,3 points en 2015, en dépit de l’apport des exportations de +2,6 points contre +2,7 points en 2015 (Cf. Tableau n° 2 en Annexe). Du côté de l’offre, le secteur tertiaire a été le principal moteur de la croissance, avec un apport de +1,7 point contre +1,0 point en 2015. La contribution du secteur tertiaire a été portée par l’activité des services marchands, soutenue aussi bien par les branches transport et communications, que commerce, hôtel et restaurants. Le secteur secondaire a contribué négativement à hauteur de 0,5 point contre -1,1 point en 2015. Le secteur secondaire a connu un recul de ses activités en raison principalement de l’accentuation des difficultés dans la branche des BTP, suite aux tensions de trésorerie rencontrées par certains Etats de la CEMAC qui ont entraîné l’ajustement à la baisse des dépenses en capital. Dans le secteur primaire, la croissance est devenue négative en 2016, avec une participation de -1,3 point contre +1,3 point en 2015. Le recul de la contribution du secteur primaire a résulté de la décélération des activités des industries extractives qui ont apporté -1,9 point contre +1,0 point en 2015. En revanche, l’appui supplémentaire de la branche agro-pastorale (+0,5 point en 2016 contre +0,3 point en 2015) soutenue par des programmes publics, notamment les projets Agropoles au Cameroun et la Gabonaise des Réalisations Agricoles et des Initiatives des Nationaux Engagés (projet GRAINE) au Gabon, n’a pas suffi à compenser cette tendance (Cf. Tableau n° 3 en Annexe). Sur le front des prix, l’année 2016 a été caractérisée par une baisse de l’inflation dans l’ensemble des pays de la sous-région. En effet, l’indice sous-régional global des prix à la consommation des ménages a progressé de 1,1 % en moyenne annuelle contre 2,5 % en décembre 2015. Ce repli des tensions inflationnistes découle principalement de : i) l’affaiblissement généralisé dans la CEMAC de la demande intérieure dans un contexte de déclin des revenus pétroliers, ii) la diminution des prix des produits alimentaires et des communications dans la quasi-totalité des pays, et iii) l’amélioration progressive des conditions sécuritaires en RCA.

 

B. FINANCES PUBLIQUES

 Le secteur des administrations publiques a continué de subir les effets des niveaux toujours bas des cours du pétrole brut sur les marchés internationaux et du choc sécuritaire, conjuguée avec la poursuite de politiques budgétaires expansionnistes dans certains pays. Par conséquent, la gestion des finances publiques en 2016 s’est finalement soldée par un creusement du déficit budgétaire, base engagements, hors dons, qui est passé de 3,3 % du PIB en 2015 à 5,6 % du PIB en 2016 (Cf. Tableau n° 4 en Annexe). L’accentuation des déficits budgétaires a été effectivement observée dans tous les pays de la CEMAC en dehors de la RCA et du Congo. Par pays, la situation s’est aggravée fortement en Guinée Equatoriale (-8,6 % du PIB en 2016 contre -3,8 % du PIB en 2015), au Cameroun (-5,9 % du PIB en 2016 après -2,0 % du PIB en 2015), au Gabon (-3,7 % du PIB en 2016 contre -1,1 % du PIB en 2015) et dans une moindre mesure au Tchad (-2,7 % du PIB en 2016 après -1,8 % du PIB un an auparavant). En revanche, le déficit budgétaire base engagement, hors dons, s’est nettement réduit au Congo (-8,3 % du PIB en 2016 après -11,4 % du PIB plus tôt) et en République Centrafricaine (-5,2 % du PIB en 2016 contre -8,1 % du PIB un an plus tôt). Les grandes tendances des finances publiques en termes de recettes et de dépenses en 2016 ont été les suivantes :  des recettes budgétaires en recul de 16,8 %, à 7 909,1 milliards, entrainées par une diminution des recettes pétrolières (-28,8 % à 2 737,6 milliards) en raison du maintien des cours bas du pétrole brut. Les recettes non pétrolières se sont également contractées de 8,7 % à 5 171,5 milliards, suite au ralentissement des activités économiques, et ce malgré les progrès effectués dans le recouvrement de l’impôt dans la plupart des pays à travers notamment l’utilisation des moyens de paiements électroniques au Cameroun ;  des dépenses publiques en baisse de 5,4 % à 10 421,3 milliards portées par le repli de 15,6 % à 3 823,4 milliards des dépenses en capital. Cependant, les dépenses courantes se sont accrues de 2,0 % à 6 531,5 milliards en lien principalement avec le règlement des intérêts de la dette publique qui ont quasiment doublé, traduisant la hausse de l’endettement des pays pétroliers suite aux tensions de trésoreries enregistrées depuis la chute des cours du pétrole;  un déficit du solde primaire qui s’est aggravé, passant de 117 milliards (-0,3 % du PIB) en 2015 à 886,6 milliards (-2,0 % du PIB) en 2016. Dans le même temps, le solde budgétaire de base s’est davantage détérioré à -1 557,2 milliards (-3,5 % du PIB) contre -486,4 milliards (-1,1 % du PIB) un an plus tôt. Au total, l’exécution du budget de l’Etat s’est soldée en 2016 par un déficit global, base engagements hors dons de 2 512,2 milliards, en hausse de 67,0 % par rapport à celui réalisé sur la même période en 2015. En prenant en compte l’apurement des arriérés de 240,7 milliards, le déficit global, base trésorerie, est ressorti à 2752,9 milliards. En y ajoutant l’amortissement de la dette extérieure à hauteur de 1 292,3 milliards et l’approvisionnement du compte IMA du Gabon à la Banque Mondiale de 29,6 milliards, le besoin de financement global des Etats a atteint 4 074,8 milliards. Il a été entièrement couvert par des dons extérieurs de 248,3 milliards, des tirages au titre des prêts projets et trésorerie de 1 205,3 milliards, des allègements de la dette de 27,4 milliards, des concours bancaires pour 2 223,3 milliards et des financements non bancaires de 370,5 milliards. 

 

C. BALANCE DES PAIEMENTS ET DETTE EXTERIEURE 

Dans un contexte des cours mondiaux du pétrole brut bas, le compte des transactions courantes des pays membres de la CEMAC s’est soldé en 2016 par un déficit toujours important, bien qu’en légère diminution, de 11,7 % du PIB contre 12,2 % du PIB en 2015 (Cf. Tableau n° 5 en Annexe). Cette situation a découlé d’un excédent de la balance commerciale de 1 215,4 milliards, en recul de 39,4 % contre -73,2 % en 2015, et de la nette diminution du déficit de la balance des services (-21,2 % à 4 085 milliards) et dans une moindre mesure de la balance des revenus (-2,6 % à 2 361,5 milliards). Le déficit des transactions courantes s’est accentué en 2016 pour tous les pays membres de la sous-région en dehors de la Guinée Equatoriale et du Congo. En effet, bien qu’important, le solde extérieur courant est passé en Guinée Equatoriale de -18,2 % du PIB à -9,4 % du PIB (en régression de 8,8 points), tandis qu’au Congo, il est revenu à - 36,8 % du PIB en 2016 après 41,4 % du PIB en 2015 (en amélioration de 4,6 points de base). Les autres pays ont enregistré une aggravation de leur déficit comme ci-après : au Cameroun (-6,5 % du PIB en 2016 contre -4,1 % du PIB en 2015), au Tchad (-14,2 % du PIB en 2016 contre -12,4 % du PIB en 2015), et République Centrafricaine (-9,5 % du PIB contre -9,1 % du PIB en 2015). L’excédent commercial a continué à se réduire malgré la baisse de 12,5 % des importations à 9 861,2 milliards, à un rythme inférieur à celui de la réduction des exportations (-16,6 % à 11 076,5 milliards). Cette dynamique a résulté de la détérioration des termes de l’échange de 3,4 % en 2016 contre -45,1 % en 2015, traduisant un recul moins important de 17,5 % des prix à l’exportation, tiré par la faiblesse des cours des matières premières, principalement le pétrole brut, et une chute de 14,6 % des prix à l’importation. La poursuite du repli des exportations est liée à une réduction des ventes de pétrole brut (-24,1 % à 6 861,6 milliards), de méthanol et autres gaz (-14,7 % à 704 milliards). Elle a toutefois été atténuée par l’augmentation des ventes de coton (+9,1 % à 149,3 milliards), de caoutchouc naturel (+12,6 % à 57,6 milliards), de banane (+2,5 % à 48,3 milliards) et du café (+4,8 % à 36,2 milliards). De son côté, la balance des services est demeurée déficitaire à -4 085,0 milliards en 2016 contre -5 182,5 milliards en 2015. Le déficit de la balance des revenus, pour sa part, n’a diminué que de 2,6 %, pour s’établir à 2 361,5 milliards en 2016 après -2 424,0 milliards un an auparavant. L’excédent du compte de capital et d’opérations financières, quant à lui, s’est replié à 1 337,9 milliards après 2 486,1 milliards, en raison de la chute des investissements directs étrangers et des capitaux à court terme, consécutive à la baisse des activités de sous-traitance dans l’industrie pétrolière, notamment au Congo, au Gabon, en Guinée Equatoriale et au Tchad.

 

En définitive, le déficit global de la balance des paiements s’est accru de 12,4 % pour atteindre 3 391,8 milliards. Il a été couvert par une ponction sur les réserves officielles à hauteur de 3 342,7 milliards et par un financement exceptionnel net de 49,1 milliards, dont 27,4 milliards d’allègement de dette au Tchad, et d’une accumulation d’arriérés d’un montant de 21,7 milliards réalisée par le Gabon et la RCA. Face à la chute des ressources budgétaires d’origine pétrolières, les Etats membres de la CEMAC ont recouru à l’endettement intérieur et surtout extérieur pour combler leur gap de financement et poursuivre quelques travaux d’infrastructures de base. En conséquence, l’encours de la dette publique extérieure s’est établi à 24,6 % du PIB en 2016 après 24,7 % en 2015. Le service de la dette extérieure est sensiblement remonté de 17,2 % des recettes budgétaires en 2015 à 22,9 % en 2016. Enfin, le service de la dette extérieure rapporté aux exportations de biens et services s’est accru à 13,9 % contre 10,8 % en 2015 (Cf. Tableau n° 6 en Annexe). 

 

D. MONNAIE ET CREDIT

Au 31 décembre 2016, l’évolution en glissement annuel des agrégats monétaires de la CEMAC a été caractérisée par une accentuation de la tendance baissière des avoirs extérieurs nets du système monétaire, la position nette du système monétaire sur les non résidents est ainsi revenue de 5 668,1 milliards en décembre 2015 à 2 298,8 milliards douze mois plus tard, soit une baisse de 59,4 %. Les créances nettes sur les États, quant à elles, se sont fortement accrues, entrainant le passage d’une position créditrice des Etats auprès du système bancaire avec une épargne de 349,0 milliards en décembre 2015, à une position nette débitrice de 2 197,9 milliards un an plus tard. Par ailleurs, un accroissement modéré des crédits à l’économie a été observé de 8,6 % à 7 934,2 milliards. Somme toute, il a résulté une baisse de la masse monétaire de 5,7 % à 10 608,0 milliards en décembre 2016, et un taux de couverture extérieure de la monnaie en repli à 56,8 % contre 77,1 % en 2015. 

 

II. PERSPECTIVES MACROECONOMIQUES DES PAYS DE LA CEMAC 

Les principales hypothèses qui sous-tendent les perspectives macroéconomiques des pays de la CEMAC pour l’année 2017 ont trait à : - au plan international: i) une accélération de la croissance économique mondiale à +3,4 % en 2017, après +3,1 % en 2016, ii) une hausse des cours moyens du pétrole brut (+28,2 % à 54,9 dollars/baril), du manganèse (+73,5 % à 237,0 dollars/tonne), de coton (+10,7 % à 82,2 cents/livre), tandis que ceux du cacao et du bois seraient orientés à la baisse, respectivement de 25,6 %, à 2 151,6 dollars/tonne et de 6,5 %, à 256,4 dollars/m3, et iii) une appréciation du taux de change du dollar/F CFA de +5,0 % à 622,4 FCFA/$ ; - au plan sous-régional, : i) une baisse de la production d’hydrocarbures, de 6,2 % à 41,3 millions de tonnes pour le pétrole, et de 30,7 % à 4 318,7 milliers de tonnes pour le méthanol et autres gaz, ii) un accroissement de la production de manganèse de 32,8 %, à 4,5 millions de tonnes, et de cacao de 3,0 %, à 335,4 milliers de tonnes, et iii) une accélération de la croissance des activités du secteur non pétrolier en général, notamment dans les branches agro-pastorales, de l’industrie, des BTP et des services marchands. Ainsi, les évolutions prévisibles de la situation macroéconomique de la CEMAC pour l’année 2017 seraient marquées par : i) une reprise de la croissance économique à 1,6 %, ii) un taux d’inflation en dessous du seuil communautaire à 2,6 %, iii) un recul des déficits budgétaire et extérieur courant à hauteur de 3,2 % du PIB et 8,2 % du PIB, respectivement, et iv) un taux de couverture extérieure de la monnaie qui remonterait à 64,8 %. 

 

A. SECTEUR REEL 

Les évolutions du secteur réel de la CEMAC anticipées pour l’année 2017, font ressortir une hausse du rythme de progression des activités, avec un taux de croissance de 1,6 % contre 0,2 % en 2016. Cette dynamique résulterait d’une bonne performance des activités non pétrolières, en dépit d’une contraction plus importante que l’année précédente des activités pétrolières. Ainsi, les activités du secteur non pétrolier devraient croître à hauteur de 4,9 % en 2017, contre +2,3 % en 2016, tandis que celles du secteur non pétrolier reculeraient de 9,6 % après -6,4 % en 2016. La contribution du secteur non pétrolier à la croissance économique en 2017 se situerait à +3,8 points contre +1,7 point l’année précédente, lui permettant de continuer d’assurer son rôle de moteur de la croissance. L’apport du secteur pétrolier, quant à lui, ressortirait à -2,1 points contre -1,5 point en 2016. Par pays, la croissance devrait s’accélérer en 2017 au Cameroun (5,7 % après 5,0 % en 2016), en République Centrafricaine (5,9 % contre 5,3 % l’année précédente) et au Gabon (2,9 % contre 2,1 % en 2016). Toutefois, le taux de croissance des activités économiques deviendrait positif au Tchad (+2,4 % contre -5,1 % en 2016) et au Congo (+1,0 % après -2,1 % en 2016). De son côté, la Guinée Equatoriale verrait sa récession s’aggraver (-11,0 % contre -6,0 % en 2016). Du côté de la demande, l’activité économique en 2017 serait à nouveau tirée par la demande intérieure, avec un apport de 7,7 points contre 1,1 point en 2016, tandis que la demande extérieure l’obèrerait de 6,1 points après -0,9 point en 2016. La demande intérieure serait le moteur de la croissance en raison de la bonne tenue de la consommation privée, en lien avec : i) la hausse des transferts et subventions, des salaires et des points indiciaires dans la fonction publique au Congo et au Gabon, et ii) l’aboutissement des réformes mises en œuvre par les Etats en vue d’assainir leurs fichiers de soldes pour une gestion optimale des effectifs de la fonction publique, qui pourraient favoriser de nouveaux recrutements. Toutefois, l’impact des mesures d’ajustement inscrites dans le PREF-CEMAC, notamment l’élargissement de l’assiette fiscale et la suppression de certaines exonérations pourraient contrarier cette tendance sur le plan global. Les investissements bruts participeraient à la croissance à hauteur de +2,2 points après -0,2 point en 2016, compte tenu de l’augmentation du volume des investissements publics (+0,6 point après -0,8 point un an auparavant) et privés (+1,7 point contre 0,4 point en 2016).

Les investissements publics contribueraient favorablement à la croissance en liaison avec les travaux d’infrastructures, notamment pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2019, la finalisation des grands projets de première génération et le lancement de ceux de deuxième génération au Cameroun. Par ailleurs, le renforcement du suivi participatif de l’exécution physico-financière de l’investissement public et la poursuite des réformes des finances publiques et des marchés publics au Cameroun et au Gabon pourraient amplifier cette dynamique. Les investissements privés pétroliers seraient en hausse en raison de la remontée anticipée des cours cette année, qui pourrait pousser la plupart des compagnies à procéder aux dépenses de maintenance, d’entretien et d’exploration des permis existants au Gabon, au Congo et au Tchad. En outre, le rachat par les petites compagnies de plusieurs permis relatifs certes à des champs de petites capacités, devrait améliorer cette tendance dans certains pays, particulièrement au Gabon et au Cameroun. Les investissements non pétroliers, bien que moins soutenus en 2017, demeureraient appuyés par les activités agropastorales et seraient renforcés par le développement des partenariats publics/privés qui, compte tenu de l’environnement, se présenteraient désormais comme une alternative incontournable au Cameroun et au Gabon. En outre, les travaux de densification des réseaux de téléphonie mobile, avec l’essor de la 4G, pourraient accroitre cette évolution. De son côté, la demande extérieure devrait pâtir des exportations des biens et services, en lien essentiellement avec la baisse prévue des volumes à exporter de pétrole (- 6,9 % à 38,3 millions de tonnes) et de gaz (-32,2 % à 4 197,9 mille tonnes), qui grèveraient la croissance de 6,1 points, face à un apport des importations des biens et services de +0,8 point. Du côté de l’offre, les secteurs tertiaire et secondaire enregistreraient les plus importantes contributions en 2017, avec respectivement +1,4 point et +0,2 point contre +1,7 point et -0,5 point en 2016. De son côté, le secteur primaire continuerait d’obérer la croissance mais de façon moindre, à hauteur de 0,4 point après -1,3 point en 2016. Le secteur primaire continuerait de subir la diminution du rythme des activités de la branche des industries extractives (-1,1 point contre -1,9 point en 2016), du fait principalement de la baisse de la production de 6,2 % à 41,3 millions de tonnes au terme de l’année. En revanche, les activités agro-pastorales, pilotées à travers divers projets en partenariat public/privé au Cameroun, Congo et Gabon devraient s’intensifier et contribuer plus positivement à la croissance des activités du secteur. La reprise des activités agricoles en République Centrafricaine, du fait de la normalisation attendue de la situation sécuritaire, pourrait également atténuer cette tendance, tandis que la branche de la sylviculture continuerait d’enregistrer une contribution nulle en 2017. La meilleure participation du secteur secondaire traduirait le rebond des activités des bâtiments et travaux publics (+0,3 point contre -1,0 point en 2016) et une bonne tenue des industries manufacturières (+0,4 point contre 0,2 point en 2016) dans l’ensemble de la zone. Les activités des BTP seraient soutenues par la poursuite des travaux d’infrastructures de la CAN 2019 et du lancement effectif cette année des projets de seconde génération en maturation, en plus des travaux de finalisation de ceux de la première génération au Cameroun. En outre, l’accélération de la réalisation du programme des 5000 logements annuels, ainsi que la reprise de certains chantiers d’infrastructures, notamment la construction des infrastructures dédiées à l’énergie et aux transports aéroportuaires et portuaires (élargissement du quai du port de Libreville, construction d’un nouveau terminal à conteneurs) au Gabon pourraient participer favorablement à cette dynamique. La branche des industries manufacturières resterait soutenue par le dynamisme des activités des cimenteries au Cameroun, au Gabon, et au Congo, la vigueur des industries brassicoles dans tous les pays de la CEMAC, ainsi que par la montée en puissance de l’industrie du ferro manganèse et du silico manganèse au Gabon. En outre, la mise en service des premiers nouveaux barrages au Cameroun, notamment celui de Lom Pangar, devrait impacter favorablement l’offre d’énergie électrique, la branche énergétique et entrainer une expansion de l’activité des industries manufacturières. L’activité du secteur tertiaire demeurerait tirée principalement par les services marchands (+1,7 point contre +1,4 point un an plus tôt), notamment les transports et télécommunications, les services hôteliers et de restauration. La contribution de la branche des télécommunications et des transports serait liée au dynamisme des activités des opérateurs de téléphonie mobile et des fournisseurs d’accès internet, qui poursuivraient le renforcement de leurs capacités opérationnelles dans tous les pays de la sous-région, avec l’essor notamment de l’économie numérique envisagé au Cameroun et au Gabon. Les activités portuaires pourraient également entretenir cette tendance en raison de la mise en service du port en eau profonde de Kribi au courant de cette année au Cameroun. De leur côté, les services non marchands obèreraient la croissance à hauteur de 0,2 point en 2017 contre +0,3 point en 2016. S’agissant des prix, l’année 2017 devrait être marquée par une légère remontée des tensions inflationnistes dans la sous-région. Toutefois, l’inflation en moyenne annuelle dans la CEMAC devrait rester en dessous du seuil communautaire à 2,6 % contre 1,1 % en 2016. 

 

B. FINANCES PUBLIQUES 

Le redressement des cours du pétrole brut sur les marchés internationaux, enclenchée mi-novembre 2016, et l’ajustement opéré par les Etats en matière de dépenses publiques, amélioreraient la situation des finances publiques des Etats dans la Communauté en 2017. En effet, elle devrait se solder par une réduction de 2,4 points du déficit budgétaire, base engagements, hors dons, qui reviendrait de 5,6 % du PIB en 2016 à 3,2 % du PIB en 2017. De manière spécifique, les déficits budgétaires diminueraient dans tous les pays de la CEMAC en dehors de la RCA et du Congo, tandis qu’au Gabon le solde budgétaire deviendrait plutôt excédentaire. Ainsi, la situation se normaliserait au Gabon (+1,9 % du PIB en 2017 contre -3,7 % du PIB en 2016), s’améliorerait fortement en Guinée Equatoriale (-1,9 % du PIB après -8,6 % du PIB en 2016), au Cameroun (-3,1 % du PIB en 2017 après -5,9 % du PIB en 2016), et faiblement au Tchad (-2,3 % du PIB contre -2,7 % du PIB en 2016). Par contre, le déficit budgétaire base engagement, hors dons devrait nettement s’accroître en République Centrafricaine (-11,3 % du PIB contre -5,2 % du PIB un an plus tôt) et au Congo (-12,9 % du PIB contre -8,3 % du PIB en 2016).

Les grandes tendances en matière de recettes et de dépenses seraient les suivantes en 2017 :  un rebond des recettes budgétaires de 14,1 % à 9 022,9 milliards, porté principalement par un accroissement des ressources non pétrolières de 15,5 % à 5 971,9 milliards. Cette hausse traduit la mise en œuvre des mesures inscrites dans le PREF-CEMAC, notamment l’élargissement de l’assiette fiscale, le renforcement des capacités des administrations fiscales en matière de recouvrement des impôts et taxes, de lutte contre la corruption et de suppression de certaines exonérations. Les recettes pétrolières seraient également en hausse de 11,4 %, à 3 051,0 milliards, en lien avec la remontée désormais attendue de près de 30 % des cours du pétrole brut sur les marchés mondiaux suite à l’accord signé au quatrième trimestre 2016 entre les principaux pays producteurs pour la limitation de l’offre en vue du rééquilibrage des marchés pétroliers ;  une hausse des dépenses budgétaires de 1,8 % à 10 606,5 milliards, procédant surtout d’un accroissement des dépenses en capital (+9,3 % à 4 251,5 milliards), qui s’appuierait davantage sur les ressources extérieures, qui devraient quasiment doubler (1 807,8 milliards en 2017 contre 955,0 milliards un an plus tôt), pour poursuivre les investissements dans les infrastructures de base en cours d’exécution. Les dépenses courantes reculeraient de 2,7 % à 6 355,0 milliards, en raison de la réduction des dépenses en biens et services résultant principalement de la révision de la mercuriale des prix dans les pays ;  un solde budgétaire primaire qui deviendrait excédentaire de 896,2 milliards (1,8 % du PIB) en 2017, contre un déficit de 886,6 milliards (-2,0 % du PIB) en 2016. De même, l’excédent du solde budgétaire de base se situerait à 224,2 milliards (+0,5 % du PIB) en 2017, contre un déficit de 1 557,2 milliards (-3,5 % du PIB) en 2016. En définitive, l’exécution du budget des Etats membres de la CEMAC se solderait en 2017 par une réduction du déficit budgétaire, base engagements, hors dons, revenant à 3,2 % du PIB en 2017, soit 1 583,6 milliards. En prenant en compte l’apurement attendu des arriérés de 96 milliards, le déficit global, base trésorerie, ressortirait à 1 679,6 milliards. En y ajoutant l’amortissement prévu de la dette extérieure à hauteur de 1 286,5 milliards, le besoin de financement global des Etats atteindrait 2 966,1 milliards. Il serait partiellement couvert par des dons extérieurs de 447,4 milliards, des tirages au titre des prêts projets et trésorerie de 2 055,5 milliards, des allègements de la dette de 28,7 milliards le tirage de 28,5 milliards par le Gabon à la Banque Mondiale, des concours bancaires nets pour 24,9 milliards et des financements non bancaires de 309,5 milliards. Le besoin de financement résiduel des Etats serait de 71,6 milliards. 

 

C. BALANCE DES PAIEMENTS ET DETTE EXTERIEURE 

La remontée depuis mi-novembre 2016 des cours mondiaux du pétrole brut, principal produit d’exportation des pays de la sous-région combinée à l’ajustement opéré par les Etats en matière d’investissement amélioreraient quelque peu la situation des comptes extérieurs. Ainsi, le déficit des transactions courantes, transferts publics inclus de la CEMAC reviendrait de 11,7 % du PIB (5 199,2 milliards) en 2016 à 8,2 % du PIB (en recul de 3,5 points de base à 4 045,7 milliards) en 2017.

Tous les pays membres de la CEMAC enregistreraient en 2017 une situation défavorable des opérations avec l’extérieur, en dehors du Gabon. Ainsi, le solde des transactions courantes ressortirait comme ci-après : au Gabon, la situation redeviendrait excédentaire (+2,2 % du PIB en 2017 contre -7,3 % du PIB en 2016), le repli se poursuivrait de façon plus marquée au Congo (de -36,8 % du PIB en 2016 à -25,2 % du PIB en 2017), au Tchad (-8,6 % du PIB en 2017 contre -14,2 % du PIB), et dans une proportion moindre en Guinée Equatoriale (-6,6 % du PIB en 2017 contre -9,4 % du PIB un an plutôt). Cependant, la situation s’aggraverait en République Centrafricaine (-12,3 % du PIB en 2017 contre -9,5 % du PIB en 2016) et au Cameroun (-8,0 % du PIB en 2017 après -6,5 % du PIB un an plus tôt). L’atténuation du déficit du compte courant s’expliquerait par l’effet combiné d’une forte hausse de l’excédent commercial, qui devrait plus que doubler, en dépit des déficits structurels dans les balances de services et de revenus. De ce fait, le solde excédentaire de la balance commerciale devrait remonter à 3 030,8 milliards en 2017, contre 1 215,4 milliards un an plus tôt, traduisant un rebond des exportations de 21,1 % à 13 417,3 milliards, qui pourrait plus que compenser la hausse des importations. Les termes de l’échange s’amélioreraient de 27,0 % en 2017, du fait de l’augmentation de 31,1 % des prix à l’exportation, en corrélation avec la remontée des cours du pétrole brut et du gaz naturel, malgré la hausse de 3,2 % de ceux des importations. Le redressement des prix à l’exportation exprimés en FCFA s’expliquerait principalement par le net accroissement des prix du pétrole (+37,7 %), du méthanol et autres gaz (+31,6 %), du manganèse ( +82,2 %) et du coton (+16,4 %), malgré la chute anticipée des cours du cacao (-21,9 %) et du bois (-2,7 %). La remontée des exportations proviendrait d’une hausse importante des ventes de pétrole brut (+28,1 % à 8 793,1 milliards), de manganèse (684,0 milliards, contre 271,3 milliards), et dans une moindre mesure du bois (+2,8 % à 948,9 milliards). En revanche, cette tendance serait freinée par la baisse des ventes de méthanol et autres gaz (-10,7 % à 628,4 milliards) et de cacao (-19,5 % à 302,1 milliards). Les importations, quant à elles, augmenteraient de 5,3 % à 10 386,5 milliards, en relation avec les dépenses d’équipement envisagées par les Etats. En 2017, le déficit de la balance des services progresserait de 8,5 % à 4 434,1 milliards et celui de la balance des revenus de 14,2 %, pour s’établir à 2 696,7 milliards. De même, l’excédent du compte de capital et d’opérations financières, pourrait plus que doubler, passant de 1 262,8 milliards en 2016 à 4 314,3 milliards en 2017, en raison surtout d’un afflux de 1 507,9 milliards des capitaux à moyen terme, au titre des tirages effectuées par le Congo, le Cameroun, et la Guinée Equatoriale auprès des partenaires au développement publics et privés, et de la bonne tenue des investissements directs étrangers, notamment au Cameroun, au Congo et au Gabon. En définitive, la balance des paiements deviendrait excédentaire de 247,1 milliards en 2017 après un déficit de 3 309,9 milliards en 2016. Malgré les allégements prévus de la dette tchadienne, à hauteur de 28,7 milliards, les ressources ainsi dégagées ne serviraient pas à couvrir entièrement la hausse anticipée de 388,5 milliards des réserves officielles. En effet, un besoin supplémentaire de 71,6 milliards devrait être satisfait.

La situation de la dette publique s’améliorerait légèrement, en raison d’un affermissement de la trésorerie publique résultat de la remontée des cours du pétrole brut, et de la consolidation budgétaire réalisée par les pays. Dans ce contexte, les Etats continueraient toutefois à réaliser les investissements publics dans les infrastructures de base capables de déclencher un retournement de la situation macroéconomique. Ainsi, l’encours de la dette extérieure en proportion du PIB reviendrait à 23,9 % du PIB, contre 24,6 % du PIB en 2016 ; le ratio du service de la dette extérieure sur les recettes budgétaires diminuerait à 20,1 % en 2017 contre 22,9 % en 2016 et celui du service de la dette extérieure rapporté aux exportations de biens et services s’améliorerait à 11,6 % cette année contre 13,9 % en 2016. 

 

D. MONNAIE ET CREDIT 

Les prévisions monétaires pour l’année 2017 tablent sur : - une augmentation des avoirs extérieurs nets du système monétaire de 16,9 %, entrainant une remontée du taux de couverture extérieure de la monnaie à 64,8 % ; - un léger renforcement de la position nette débitrice des Etats vis-à-vis du système monétaire, de 1,7 %, à 2 126,7 milliards ; - un accroissement des crédits à l'économie de 7,0 %, en rapport avec l'évolution de l'activité économique non pétrolière dans les États membres ; - et, en conséquence, une hausse de la masse monétaire (+9,3%). 

En conclusion, les pays membres de la CEMAC continuent de subir les effets du ralentissement de l’activité économique mondiale, conjugué avec la baisse continue des prix des produits de base, en particulier le pétrole. Dans ces conditions, pour faire face à la conjoncture difficile tout en préservant la stabilité macroéconomique, les pays membres de la CEMAC devraient accélérer la mise en œuvre effective du PREF-CEMAC et conclure favorablement les négociations bilatérales avec le FMI afin de profiter de l’accompagnement de cette Institution et du reste de la communauté financière internationale en vue d’instaurer les conditions d’une relance vertueuse et durable de l’activité économique dans la sous-région./-

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info@journalintegration.com (Intégration) Panorama Fri, 12 May 2017 07:15:29 +0000
Cameroun: La Banque mondiale s’attaque aux monopoles de Bolloré, Camtel et Eneo http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/803-cameroun-la-banque-mondiale-s-attaque-aux-monopoles-de-bollore-camtel-et-eneo http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/803-cameroun-la-banque-mondiale-s-attaque-aux-monopoles-de-bollore-camtel-et-eneo

L’institution de Bretton Woods estime que le contrôle par ces entreprises des pans entiers de l’économie est préjudiciable à l’émergence que le Gouvernement de Paul Biya souhaite atteindre à l’horizon 2035. Lire ses recommandations. 

Dans un rapport, rendu public en début de ce mois, la Banque mondiale a actualisé les performances à réaliser par l’économie camerounaise pour atteindre ses objectifs d’émergence. Dans ce document, dénommé Cameroon Economic Memorandum (CEM), l’institution de Bretton Woods estime à  environ 8% la croissance annuelle que doit enregistrer le Cameroun pendant 20 ans (2015-2035) pour devenir un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure. Ce qui exige, peut-on lire dans le CEM, que le taux d’investissement passe d’environ 20 % du PIB en 2015 à 30 % en 2035 et que la croissance de la productivité d’un taux moyen nul actuellement atteigne 2 % sur la même période.

La Banque mondiale qualifie ces objectifs de «titanesques», mais estime le défi réalisable. Pour y arriver, indique le rapport, «le secteur public devra se réinventer et entreprendre sa mutation: il faudra réduire les distorsions, promouvoir l’innovation et accroître l’efficacité de l’allocation des facteurs de production ; et il faudra des marchés plus concurrentiels pour favoriser des gains de productivité». Aussi l’institution de Bretton Woods préconise-t-elle de mettre un terme aux monopoles observés dans «les secteurs produisant des intrants essentiels pour d’autres activités». Elle cite notamment les transports où Bolloré à lui tout seul contrôle le fret ferroviaire et les services portuaires ; les télécommunications où Camtel a la main mise sur l’infrastructure tout en fournissant les services.


Monopole: Après Camtel, la Banque mondiale charge Bolloré

Pour l’institution de Bretton Woods, le contrôle par cette multinationale du fret ferroviaire et des opérations portuaires pourrait contrarier les ambitions d’émergence du Cameroun.  

«Favoriser la compétitivité en encourageant le concurrence au niveau local, régional et global». Selon la Banque mondiale, c’est l’une des clefs pour faire du Cameroun, comme ambitionne Paul Biya, un pays émergent à l’horizon 2035. Dans la semaine du 03 au 09 avril dernier, Souleymane Coulibaly l’a répété tour à tour aux autorités, à la presse et au secteur privé. L’économiste en chef sortant de la Banque mondiale pour l’Afrique centrale leur présentait le Cameroon Economic Memorandum (CEM) dont il a dirigé la rédaction. L’augmentation de la compétitivité est d’ailleurs l’une des recommandations de ce rapport qui analyse les obstacles à l’émergence du pays et propose des solutions pour y remédier. A la Banque mondiale, on est en effet convaincu que «des marchés plus concurrentiels favoriseraient des gains de productivité notamment en baissant les coûts des facteurs de production». Le Cameroun en a besoin pour parvenir au stade de pays à revenu intermédiaire de la tranche haute. Car pour réaliser cette ambition, estime la banque, le taux de productivité actuellement proche de 0 doit atteindre 2%. 

Il y a donc du travail, à voir le classement du pays dans les différents classements internationaux qui évaluent la concurrence des marchés. Le Cameroun est 109 ème  sur 144 en matière d’intensité de la concurrence au niveau national, à la 65 ème  place en ce qui concerne l’ampleur de la dominance du marché, et au 78 ème rang s’agissant de l’efficacité de la politique de concurrence. A titre de comparaison,  31 % des entreprises manufacturières opèrent en situation d’oligopole, de duopole ou de monopole dans ce pays contre 25 % et 22 % respectivement au Kenya et au Ghana. «Les services de transport ferroviaire, les services portuaires, les services de réseaux de télécommunications fixes et le coton égrené font l’objet de monopoles purs et simples», pointe le CEM (voir figure ci-dessous). La Banque mondiale considère que le monopole dans les secteurs tels que les transports, télécommunications et l’électricité est davantage dommageable pour l’économie du fait que ces sous-secteurs représentent «des intrants essentiels pour d’autres activités». 

 

Bolloré à surveiller 

Le Cameroun a pourtant pris le risque de confier la gestion des terminaux à conteneur de ses deux ports (Douala et Kribi) au groupe Bolloré laissant ainsi passer la possibilité de faire jouer la concurrence entre les deux ports. Le pays en a pourtant besoin. Il est en effet pour l’instant peu compétitif.  Le rapport rappelle fort à propos qu’une étude commandée par la Banque mondiale a trouvé qu’en 2013, le délai de passage moyen des produits importés à Douala était de 20 jours pour les conteneurs.  Ce délai de passage «soutient mal la comparaison avec celui d’autres ports africains comme Mombasa (11 jours), Dar es Salam (12 jours) et Durban (4 jours)», indique la même étude.

Au niveau du transport ferroviaire également contrôlé par Bolloré, l’institution de Bretton Woods indexe par exemple le fait que «les services d’infrastructure et les services de transport ne sont pas séparés, et il n’existe pas de politique d’accès qui pourrait permettre à d’autres entreprises d’utiliser leur propre matériel roulant pour fournir des services de transport». Le Cameroun a essayé d’y remédier. En mars 2015, le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire avait lancé un avis à manifestation d’intérêt pour la présélection des cabinets d’études, en vue de l’audit de la convention de concession de l’exploitation de l’activité ferroviaire. «Cet audit permettra d’alimenter les travaux en vue de la création d’une société de patrimoine de chemin de fer au Cameroun», soulignait l’avis d’appel d’offre. Et depuis, plus rien. 

En plus de contrôler les ports et le transport ferroviaire, le groupe comprend également des entreprises de logistique qui expédient des marchandises via le port et la voie ferrée. Pour la Banque mondiale, ces «trois situations requièrent une surveillance étroite et une régulation rigoureuse pour éviter des restrictions à la concurrence». «Une chaîne logistique entièrement intégrée améliore l’efficacité de la gestion du fret, mais elle peut aussi freiner la concurrence et désavantager d’autres entreprises», soutient le rapport. D’où cette recommandation : «l’État devrait dans ce cas réguler les tarifs et le transport de marchandises pour s’assurer que les entreprises n’abusent pas de leur pouvoir de marché lorsqu’elles fixent les tarifs». 

 

Camtel à restructurer 

Dans les télécommunications, la Banque mondiale estime que «l’accès au téléphone mobile et à la large bande est faible au Cameroun par rapport à d’autres pays dépendants des ressources naturelles ayant un PIB par habitant similaire». Pour elle, «les tarifs mensuels de location et d’appel pour la téléphonie fixe sont plus élevés qu’en Indonésie, en Malaisie, en Côte d’Ivoire et au Nigeria». A en croire l’institution bancaire, «la mauvaise performance sur ces indicateurs pourrait être associée aux insuffisances des réglementations relatives à la téléphonie fixe et des infrastructures à large bande passante qui ne suivent pas les pressions concurrentielles pas plus qu’elles ne favorisent la concurrence». Aussi pense-t-elle que «des règles transparentes et non discriminatoires applicables à l’accès au réseau à large bande passante de Camtel et à la passerelle internationale pourraient stimuler la concurrence dans les services de télécommunications, réduire le coût des TIC pour les entreprises et accroître leur compétitivité». 

Le 02 mars dernier, lors d’un «atelier de haut niveau sur la détermination des réformes à entreprendre en vue de l’amélioration de la compétitivité du secteur des TIC au Cameroun», la Banque mondiale (qui estime que «le Cameroun ne réalise pas aujourd’hui pleinement le potentiel économique d’un secteur des TIC)» avait déjà indiqué que Camtel, ayant le monopole sur les infrastructures terrestres et étant à la fois opérateur de services, favorise le déséquilibre du marché des télécoms. Aussi avait-elle proposé de restructurer Camtel. L’option qui avait semblé avoir la faveur des pronostics est la transformation de Camtel en holding avec deux entités. La première, étatique, qui s’occuperait de la gestion des infrastructures numériques et du réseau fixe. La seconde, ouverte aux investisseurs privés, pour la gestion et la commercialisation du réseau mobile et du FTTX (fibre optique à domicile). 

 

Des bons points pour Eneo 

Pour ce qui est du secteur de l’électricité, la Banque mondiale se félicite que la faible concurrence dans le segment de la production soit adressée par des investissements actuellement en cours au Cameroun. Toutefois, compte tenu de l’intégration verticale dans ce secteur, elle recommande «une réglementation rigoureuse» pour assurer une neutralité concurrentielle entre les fournisseurs d’électricité indépendants et les fournisseurs d’État, tous liés au réseau de transport et de distribution. Le rapport constate cependant une amélioration dans la qualité de service et le coût de l’électricité : «Les données du Doing Business 2017 suggèrent que la situation s’est sensiblement améliorée, avec le classement de la facilité à obtenir l’électricité baissant de 114 dans le Doing Business 2016 à 89 dans le Doing Business 2017. Selon ces données, l’obtention d’électricité nécessite 4 procédures, prend 64 jours et coûte 1 977,4% du revenu par habitant, ce qui se compare favorablement à la moyenne de l’Afrique subsaharienne de 5,1 ; 115,4 et 3,711.1% respectivement. Globalement, le Cameroun se classe 114 sur 189 économies sur la facilité d’obtenir l’électricité dans le Doing Business 2017», peut-on y lire.

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info@journalintegration.com (Aboudi Ottou) Panorama Fri, 12 May 2017 06:31:54 +0000
Aide au développement: L’Union européenne au banc des accusés http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/802-aide-au-developpement-l-union-europeenne-au-banc-des-accuses http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/802-aide-au-developpement-l-union-europeenne-au-banc-des-accuses

Lenteur des procédures administratives, prise de décisions unilatérales, manque de flexibilité… Ces griefs formulés contre Bruxelles limitent, selon les ordonnateurs du Fed d’Afrique centrale, la consommation des ressources allouées par le bailleur de fonds.

Jeudi 06 avril 2017. La réunion des ordonnateurs du Fonds européen de développement (Fed) de la région Afrique centrale est en cours. Soudain, le Gabonais Pascal Youbi-Lagha, le commissaire au marché commun de la Communauté économique et Monétaire de l’Afrique central (Cemac) se lève et brandit des documents à l’assistance. Il s’agit de l’avenant à la convention financière du Programme d’appui au commerce et à l’intégration économique (Pacie) et du premier devis-programme du même projet. Ces documents nécessaires à l’exécution du Pacie ont été envoyés à la Commission européenne depuis juillet 2015 et viennent seulement de lui parvenir.  

«Ce n’est que ce matin (07 avril 2017) que j’ai signé l’avenant en tant que ordonnateur délégué du Fonds européen de développement. Ce document était bloqué au niveau de la Commission européenne. Comme la date limite des engagements est fixée au 10 avril, la partie européenne est venue en catastrophe avec le document pour dire qu’on le signe en pensant que finalement on peut sauver les crédits qui restent», explique le commissaire à la fin des deux jours de travaux tenus la semaine dernière à Yaoundé. 

 

Suspicion

Le Pacie est un projet de 68 millions d’euros (soit 44, 54 milliards de francs CFA) prévu dans le deuxième domaine de concentration du Programme indicatif régional (Pir) du 10eme Fed (qui couvre en principe la période 2008-2013). Après son démarrage, il est tombé en léthargie du fait de la non-signature de l’avenant à la convention de financement et du devis-programme de croisière. L’essentiel de son budget n’a donc pas encore été consommé à ce jour. A la Commission de la Cemac, qui est responsable du deuxième domaine de concentration du Pir, on ne se fait plus beaucoup d’illusion quant à la réalisation de ce projet. Surtout que lors de la revue à mi-parcours du Pir et des Programmes indicatifs nationaux (Pin) du 11eme Fed, prévue cette année, un arrêt du Pacie n’est pas à exclure. Au cours de la réunion de Yaoundé, les ordonnateurs du Fed d’Afrique centrale ont en effet exprimé leur préoccupation à propos du «risque de perte de ressources suite à la revue à mi-parcours». 

«La volonté de l’Union européenne est de nous empêcher de consommer ses ressources. Son idée était de les affecter aux mesures d’accompagnement de l’Accord de partenariat économique régional. Mais comme la région a boudé l’APE, elle manœuvre pour garder ce financement», s’emporte même un expert. Le Pacie avait en effet été conçu pour coïncider avec le début du démantèlement tarifaire. Mais l’APE régional n’a jamais vu le jour. Mais ceci explique-t-il cela ? Aucun officiel ne l’assume. Mais pour tous, la situation du Pacie illustre bien «les lenteurs des procédures administratives» décriées par les ordonnateurs du Fed d’Afrique centrale. Ces lenteurs, couplées «à la prise des décisions unilatérales» et «au manque de flexibilité pour répondre à l’avènement de préoccupations nouvelles» de la Commission européenne «a un impact négatif sur le taux d’absorption des ressources», pointe le rapport final des travaux de Yaoundé. 

Selon des sources internes à la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), l’autre structure régionale d’Afrique centrale qui gère le premier et le troisième domaine de concentration, tous les projets déjà engagés dans le cadre du 10eme Fed ne devraient pas dépasser 60% en termes de taux de décaissement. Ici, l’on craint d’ailleurs qu’il en soit de même pour le 11eme Fed : « Il y a un gros risque qui se profile pour le 11eme Fed. Par rapport au deuxième domaine de concentration, on ne sait pas encore ce qui va se passer après le Pacie. Le programme qui va remplacer le Pacie n’est pas encore identifié alors qu’on est déjà à la moitié de la durée de ce Fed», s’inquiète-t-on dans l’entourage du secrétaire général, le Tchadien Ahmad Allam-Mi. Et une fois plus, le doigt accusateur est pointé vers les Européens. «C’est l’Union européenne qui envoie les consultants pour faire l’identification. On a voulu nous-mêmes le faire, ils ont refusé. On a fait les termes de références. On leur a envoyé et depuis, plus rien.», ajoute la même source.

 

Réplique

Au sein de la délégation de l’UE, qui a pris part aux travaux de Yaoundé, on justifie les lenteurs administratives par les contraintes de réédition des comptes : «L’aide au développement ce sont les fonds publics. Donc nous pouvons difficilement nous passer des procédures administratives. Car nous devons veiller sur la bonne utilisation de cet argent.», explique un membre de la délégation qui a requis l’anonymat. «Il s’agit de cas marginaux. Les choses se déroulent bien dans l’ensemble. La preuve, à mi-parcours de l’exécution des projets du 11eme Fed, nous sommes déjà à 58% d’engagements pour les Pin et 66% pour les Pir et nous projetons un taux d’engagement de 79% d’ici la fin de l’année », relativise son collègue.   Les taux d’engagement peuvent cependant être trompeurs. Le Cameroun, par exemple, affiche un taux d’engagement global du Pin du 11eme Fed de l’ordre de 19%. Mais des 185 milliards alloués au pays, seuls 9,83 milliards de francs CFA auraient déjà été décaissés à moins de trois ans de la fin du 11eme Fed.  

Face à ces tracasseries, des experts s’interrogent sur la pertinence de la coopération au développement. Ce d’autant plus que, font-ils remarquer, l’aide au développement pèse relativement peu sur les économies de la région (voir tableau).  A l’Union européenne, on semble avoir tranché sur la question : «L’Europe a changé et l’Afrique a évolué énormément. Et je crois qu’à la fois sur la substance nous devons rendre compte et rendre corps à l’évolution de nos relations. Ce n’est plus la coopération au développement qui détermine nos relations, c’est aussi le dialogue politique, le commerce, l’investissement qui doivent prendre beaucoup plus de place. Donc nous devons regarder la substance de nos relations mais aussi le format.», informe le Belge Koen Vervaeke. Et le directeur général pour l’Afrique au Service européen pour l'action extérieure de l’Union européenne d’ajouter : «Depuis une dizaine d’années nous avons approfondi les relations entre l’Europe et l’Afrique. Le continent Africain vient de se réunifier avec l’intégration du Maroc à l’Union africaine, nous souhaitons approfondir cette relation parce que vous êtes nos voisins, et vous méritez une attention particulière et beaucoup plus stratégique que ce nous avons fait jusqu’à présent.», A l’Afrique centrale de savoir ce qu’elle veut. Pour l’instant, Ça ne semble pas encore clair.

 


Pascal Youbi-Lagha: «Le retard que nous avons accusé est dû à notre partenaire»

Le commissaire au marché Cemac, par ailleurs ordonnateur délégué du Fonds européen de développement pour l’Afrique centrale, fait le point sur la réunion de Yaoundé.

Monsieur le commissaire, l’Afrique centrale accuse des retards dans la consommation de l’aide au développement. Certains projets régionaux du 10eme Fed qui auraient dû s’achever en 2013 n’ont même pas encore été engagés. Nous pensons notamment au Programme d’appui au commerce et à l’Intégration Economique (Pacie). Qu’est-ce qui explique cette lenteur ?

Le retard que nous avons accusé est dû à notre partenaire qui a retardé avec l’exécution du devis programme et de l’avenant. Ce n’est que ce matin (07 avril 2017) que j’ai signé l’avenant en tant que ordonnateur délégué du Fonds européen de développement. Ce document était bloqué au niveau de la Commission européenne. Comme la date limite des engagements est fixée au 10 avril prochain, la partie européenne est venue en catastrophe avec le document pour dire qu’on le signe en pensant que finalement on peut sauver les crédits qui restent. La signature de l’avenant que j’ai faite ce matin, nous permet de signer également le devis programme et de signer six contrats bilatéraux avec des partenaires et tout ceci avant le 10 avril. L’engagement que nous avons pu avoir de la partie européenne, puisqu’on les a mis sous pression pour que le tort ne retombe pas sur nous totalement, a permis d’accélérer. Donc aujourd’hui, on a l’avenant qui est signé ; on a le devis programme qui est signé (qu’on a transmis depuis juillet 2015) ; et on a trois contrats qui viennent d’être signés. Et je crois que d’ici demain on pourra signer le reste et sauver finalement les fonds qui sont destinés à la région.

 

Quelles sont les mesures prises pour que de tels blocages ne se répètent pas à l’avenir ?

La partie européenne a dû reconnaitre les lenteurs  au niveau de l’exécution des différentes décisions. D’ailleurs il a été souligné dans le rapport conjoint qu’au niveau de l’Union européenne il faudrait accélérer le processus de prise de décision pour faciliter le passage des dossiers chez eux afin que les régions et les Etats puissent absorber les ressources. 

 

On sait que l’Afrique centrale insiste sur un Accord de partenariat économique (APE) régional. Le sujet a-t-il été discuté ? 

Nous avons dû rappeler à l’Union européenne la décision prise par les chefs d’Etat de la Cemac à Djibloho en Guinée Equatoriale, qui consistait à poursuivre les négociations dans le cadre de l’adhésion à l’accord d’étape du Cameroun (c’est une adhésion soit individuelle soit collective). Le rôle qui nous revient c’est de rencontrer les Etats individuellement, faire la sensibilisation, leur présenter les avantages et les inconvénients afin de susciter l’adhésion parce que ce n’est pas un forcing. Et les chefs d’Etat ont voulu que dans cette mission nous soyons accompagnés par l’Union africaine. Je venais de signer une lettre à envoyer au président de l’Union africaine pour lui dire que nous avons ensemble un projet qui va consister à reprendre langue avec la partie européenne pour poursuivre non pas les négociations pour arriver à un accord régional mais les négociations pour adhérer à l’accord d’étape du Cameroun pour les pays qui le voudront.  

 

Si nous comprenons bien monsieur le commissaire, la configuration négociante Afrique centrale s’est finalement résolue à adhérer à l’accord d’étape du Cameroun et ne milite plus pour un accord régional? 

Disons que adhérer à l’accord d’étape du Cameroun, c’est la solution la plus facile pour ne pas que les négociations perdurent. Comme on l’a vu, cela a déjà pris tellement de temps. Donc l’Union européenne estime que puisqu’on a déjà un acquis et un noyau important, il n’est pas parfait, mais dans les négociations d’adhésion on peut apporter le complément pour que ce soit finalement un accord régional complet qui satisfasse les autres pays. Il faut que les autres pays trouvent leur compte. Et c’est ce qui fera l’objet de négociations. 

 

Pour les perspectives post 2020 (post Accord de Cotonou), l’Afrique centrale a-t-elle déjà des idées sur le partenariat futur avec l’Union européenne ? 

Nous travaillons sur l’après Cotonou depuis longtemps. Nous avons mis en place au niveau du groupe ACP un groupe d’experts et un groupe de hautes personnalités dirigés par l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo. Et nous avons donné notre point de vue sur la poursuite de la coopération après 2020. Au cours de cette réunion, l’Union européenne est venue nous présenter sa vision à savoir qu’il y aura des changements : certainement qu’on aura plus le Fed mais l’argent du Fed sera dans le budget de la communauté avec un passage par le Parlement européen qui voudrait vérifier l’argent qu’on envoie chez nous. Donc, ils nous ont donné un certain nombre d’indications sur ce que pourrait être le futur du Fed. Pour l’instant, on est dans les échanges. 

Interview réalisée par Aboudi Ottou


Regard européen

Trois cabinets européens (Mokoro, DAI, Geotest) ont réalisé une évaluation du Fonds européen de développement (Fed). Ci-dessous, le résumé des principales conclusions à laquelle ils sont parvenus et les recommandations formulées.

Résumé des conclusions principales : le Fed fait face à une pression lui imposant de répondre à un nombre croissant de demandes, dont certaines peuvent difficilement être accordées avec les valeurs centrales et les principes fondamentaux du Fed tels que l’«éradication de la pauvreté et le principe de partenariat » avec les pays ACP. Il existe une tension entre ce pour quoi le Fed a été conçu et ce qui en est attendu aujourd’hui –on demande au Fed de répondre aux priorités de plusieurs autres agendas de l’UE, qui prennent le pas sur l’agenda pour le développement. Le 11ème Fed s’est adapté à certaines de ces nouvelles priorités, mais il existe un réel risque que le Fed soit poussé dans des directions s’éloignant de son objet premier, l’éradication de la pauvreté, et difficilement conciliables avec les valeurs centrales du Fed, et qui pourraient compromettre ce qu’il accomplit avec succès. La résolution de cette tension devrait être un objectif prioritaire. 

En tant qu’instrument le Fed a bien servi, et continue à bien servir, ses objectifs. Il a fourni un point d’ancrage dans un environnement en évolution rapide grâce à un horizon de programmation de sept ans, son soutien continu et son alignement sur les besoins nationaux. L’inconvénient de cette stabilité réside dans la rigidité du Fed, dont la marge de manœuvre pour répondre à des changements au cours de ces sept ans est très réduite.

Le 11ème Fed a apporté une attention accrue aux complémentarités durant la programmation, et il est probable que les processus de conception de projet limitent les chevauchements et améliorent la coordination entre les instruments et les mécanismes de coopération. Toutefois, la complémentarité entre les actions de l’UE reste un défi, particulièrement en ce qui concerne les lignes budgétaires gérées de manière centralisée. Le Fed n’établit pas systématiquement de synergies solides entre la coopération au niveau national, régional et intra-ACP. 

Le Fed possède une valeur ajoutée unique et reconnue, qui va au delà de sa taille inégalée, de son emploi des diverses modalités d’aide et de son échelle géographique. Il promeut les valeurs de l’UE, aborde des questions au niveau supranational, se montre  neutre et fiable. Il n’a pas pleinement mis à profit son potentiel de positionnement dans le domaine de l’aide et a eu tendance à adopter une approche uniforme qui n’a pas non plus réussi à progresser davantage sur la voie des principes de partenariat, ni à élargir ces derniers afin d’y inclure des acteurs non-étatiques. 

Les mesures d’efficience prises dans le cadre du 11ème Fed ont entrainé certains changements qui feront probablement diminuer les lourdeurs administratives et amélioreront la performance financière de l’instrument. Ces modifications ont eu des répercussions sur l’appui aux organisations issues de la société civile. Ils ont aussi renforcé le rôle du Fed en tant qu’administrateur de fonds de coopération, et réduit son rôle de gestionnaire du développement. Il est probable que ceci aura un impact négatif sur l’efficacité du dialogue, le leadership de l’UE au niveau national, l’emprise sur la qualité des produits, la recevabilité et sa capacité à tirer des leçons des actions menées, est fortement entravée par les limites des systèmes de suivi et d’évaluation résultant d’une gestion insuffisamment axée sur les résultats et de capacités limitées. De plus, les dispositions en matière d’évaluation sont parfois très limitées, en particulier dans le domaine de la coopération régionale et intra-ACP,

 

Recommandations 

Les recommandations qui suivent sont destinées à consolider les points forts et corriger les lacunes identifiées par cette revue de performance.

R1 : Rétablir l’esprit de partenariat de Cotonou à travers la mise en place d’une appropriation démocratique de la programmation, formulation, mise en œuvre et suivi du Fed.

R2 : Concentrer les efforts sur une meilleure redevabilité en matière de résultats.

R3 : Introduire davantage de flexibilité afin de permettre l’adaptation des programmes Fed en fonction des besoins.

R4 : Fonder la programmation sur une analyse d’économie politique et maintenir les choix de programmation au niveau des pays.

R5 : Améliorer la durabilité du soutien de l’UE.

R6 : Garantir l’adéquation des outils Fed et des modalités de mise en œuvre avec les valeurs et principes fondamentaux de l’instrument.

R7 : Renforcer l’efficacité de la coopération régionale et intra-ACP

R8 : Réaliser un bilan structuré de l’impact des différents changements apportés à la programmation, à la mise en œuvre et au suivi dans le cadre du 11ème Fed et prendre les mesures correctives si nécessaires.

R9 : S’assurer de la complémentarité et de l’existence de synergies entre les programmes Fed et ICD en confiant la gestion de tous les projets et programmes aux délégations de l’UE.

R10 : Accroitre la transparence et clarifier les rôles des différents acteurs au sein de la programmation et du cycle de projet dans le cadre du Fed.

R11 : Augmenter l’impact du processus de simplification administrative et financière tout en prévenant des répercussions négatives. 

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info@journalintegration.com (Aboudi Ottou) Panorama Tue, 09 May 2017 04:31:35 +0000
Santé: Canicule ou grand froid, on prend toujours un coup http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/801-sante-canicule-ou-grand-froid-on-prend-toujours-un-coup http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/801-sante-canicule-ou-grand-froid-on-prend-toujours-un-coup Santé: Canicule ou grand froid, on prend toujours un coup

Le passage du soleil à la pluie a généralement des effets sur la santé des hommes.

Un aspect de défilé, ce matin du 07 avril 2017 à la clinique « la paix » au quartier Cité verte. Les locaux étroits, accueillent une importante quantité de malades depuis le début de cette saison pluvieuse. Des enfants accompagnés de leurs parents aux adultes en passant par les jeunes, on ne peut pas dire qu’une couche y est épargnée. Mavin Ngouffo Tchoffo, médecin généraliste à la clinique «la paix» explique que «plus personne aujourd'hui ne conteste l'effet de la météo sur la santé. Canicule ou grand froid, ont un impact sur l’organisme humain». «Le temps, ajoute-t-il, peut être un facteur déclencheur chez des personnes à risques, explique-t-il. Sans doute parce que les grands froids favorisent la viscosité du sang et la formation de caillots». Tout pour réaliser que les deux saisons sont propices aux allergies. Les températures douces contribuant à la diffusion des pollens. C'est aussi lors de ces saisons que beaucoup souffrent de problèmes respiratoires provoqués par la pollution. Un rayonnement solaire intense et des conditions anticycloniques favorisent la concentration d'ozone. A l'inverse, lorsqu'il fait froid, les intoxications au monoxyde de carbone se multiplient.

 

La grippe

Selon le docteur Mavin Ngouffo Tchoffo, la saison des pluies n’a pas que l’inconvénient de tremper les pieds et de faire des frisottis dans les cheveux, elle peut aussi «faire pleuvoir des  maladies». Notamment la grippe. Cette affection  se classe au premier rang de celles liées à la saison des pluies. Elle se manifeste par la fièvre, la toux, les douleurs musculaires, le rhume et une fatigue générale. La grippe se transmet lorsqu’une personne infectée manifeste la maladie dans un lieu public (toux, éternuements), ou plus simplement lors d’un contact avec la main du malade.

Elle fait partie des infections virales aiguës et peut provoquer des maladies graves (pneumonies) ou déclencher une amplification en cas de maladie chronique (asthme, sinusite, Vih). Les personnes âgées ou obèses, les enfants et les femmes enceintes en sont les plus fragiles. Chez cette dernière elle peut même aller jusqu’à provoquer des fausses couches. La grippe peut également entraîner des complications cardiovasculaires et neurologiques et causer la mort. Le site de l’Organisation mondiale de la santé (www.who.int), nous apprend qu’elle est la cause de 250 à 500 000 décès et 3 à 5 millions de cas de maladies graves par an. 

À titre de prévention, le moyen le plus efficace de cette maladie est le vaccin. L’Oms recommande d’ailleurs une vaccination annuelle chez des personnes les plus exposées. Le traitement prescrit est la prise en charge des malades par les antiviraux (disponibles dans certains seulement).

 

Le paludisme

De manière banale, le paludisme est une maladie parasitaire causée par la piqure des moustiques femelles (anophèles) infectées. Il se manifeste généralement par des maux de tête, la fièvre, anémie sévère, des vomissements et dans certains cas une détresse respiratoire. Ces symptômes apparaissent habituellement sept à quinze jours après la piqure d’un moustique. Les personnes les plus exposées à la maladie sont les femmes enceintes, les enfants de moins de 5 ans, les personnes atteintes de Vih. La transmission du paludisme est plus accrue dans les zones de précipitations avec l’abondance de pluies mais aussi dans des endroits humides.  

L’Afrique est le continent le plus touché par la maladie. En 2015, elle supportait plus de 90% du chiffre mondial des cas de maladie. Toujours la même année, elle était classée 16èmeparmi les causes de mortalité dans le monde avec 438 000 de décès enregistrés l’année précédente. Ceci bien qu’il ait considérablement baissé (21%) depuis 2010. En 2016, les chiffres de l’Oms révèlent 212 millions de cas de paludisme et 429 000 décès. Au Cameroun, la lutte anti vectorielle est le principal moyen de prévention. Le gouvernement veille au grain, en menant des actions permanentes telles que la distribution des moustiquaires imprégnées, la sensibilisation des populations sur les causes et les conséquences de cette endémie.

 

La saison pluvieuse, les mangues et le risque d’infection

On a coutume d’entendre dire que la mangue est un fruit malpropre et éventuellement à l’origine de certaines maladies. La mangue est pourtant un fruit riche en apport dans l’organisme. D’ailleurs certaines études ont révélé qu’une consommation élevée de fruits et de légumes diminuait le risque de maladies cardiovasculaires, de certains cancers et d’autres maladies chroniques. La présence d’antioxydants pourrait jouer un rôle dans ces effets protecteurs. Pour le docteur Florence A., il n’est donc pas bon d’interdire sa consommation. Le véritable problème selon elle est celui de l’hygiène. « De manière générale, ils sont exposés aux microbes lors de la vente ou alors lorsqu’ils tombent sur des produits infectés. Dans les deux cas, il est indispensable de laver de manière correcte, le fruit et les mains qui ont été en contact avec celui-ci. La mangue en elle-même ne crée pas une maladie », a-t-elle expliqué.

 

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info@journalintegration.com (Mercedes Beleheka (stagiaire)) Panorama Tue, 09 May 2017 04:21:26 +0000
Carrefour Abbia (Yaoundé): Des feux pour traquer les faux gestes http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/800-carrefour-abbia-yaounde-des-feux-pour-traquer-les-faux-gestes http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/800-carrefour-abbia-yaounde-des-feux-pour-traquer-les-faux-gestes Carrefour Abbia (Yaoundé): Des feux pour traquer les faux gestes

Mis en service au mois de novembre 2016, un dispositif  de dernière génération dicte sa loi au milieu de ce point d’intersection qui compte parmi les plus fréquentés de la capitale.

Les panneaux sont lisibles des quatre côtés du carrefour ‘’Abbia’’,  non loin du marché central de Yaoundé «Road police box, respect des feux obligatoire, vous êtes filmés, interpellation suivie de sanction, police active». En cette matinée du 25 mars 2017, les automobilistes semblent avoir compris l’utilité de ce nouveau mode de vie. Tous, sinon presque attendent patiemment à bord de leur véhicule leur tour sous le regard des caméras et des deux agents de police en service. Malgré cela, l’esprit d’indiscipline chez certains usagers continue de sommeiller. 

 

Chiffres

Le message inscrit sur les panneaux sonne comme un avertissement pour les automobilistes indélicats. «Certains chauffeurs vicieux osent brûler les feux. Ceux-là sont systématiquement traqués grâce à une application contenue dans ce dispositif», assure un inspecteur de police. Il ajoute que par  sa capacité à fournir des informations crédibles à un serveur central, l’exercice est bien plus facile. «Depuis que cette technologie est à cet endroit, pas moins de 1569 cas d’interpellation ornent nos fichiers», se gargarise-t-on au groupement régional de la circulation pour le Centre. Ici toutefois,  l’heure est encore à la compréhension pour certains employés de la police. «Jusqu’à présent, je donne uniquement les avertissements, bien que cela me vaut souvent des injures. A compter du mois prochain j’appliquerai ce qui est écrit sur cette plaque» reconnaît une policière.

Par contre pour ceux qui ont l’habitude d’attacher un intérêt à la sécurité routière comme c’est le cas d’Armand Tchana, l’initiative est louable, «je suis plutôt heureux de l’installation de ces feux. C’est vrai qu’avant les policiers faisaient déjà ce travail mais maintenant mes collègues chauffeurs seront obligés de respecter ces feux, surtout avec ce qui est écrit en dessous», soutient-il sous un ton ferme. 

 

Importance 

Jusqu’à ce jour, la pertinence sur l’installation des feux munis de vidéosurveillance reste à démontrer pour de nombreux usagers de la route. Tout d’abord au sein de la police, les avis sont partagés. Pour cet inspecteur de police principal,  «le débat n’a pas sa place. Une telle initiative mérite des applaudissements aussi bien des piétons que de automobilistes. Il est désormais plus aisé de se frayer un chemin ceci même pendant les heures dites de pointe». Une gérante d’un prêt à porter non loin de là reconnaît également ce bon coté de la chose, «je quitte généralement d’ici vers 17heures et nous connaissons tous le casse-tête du déplacement à cette heure, je peux témoigner que depuis l’installation de ces feux, il y’a moins de bouchons à ce niveau du moins quand je rentre». 

Tous ces commentaires se situent loin des points de vue des femmes en tenue Pour ces dernières, le travail avant l’arrivée de Road police box était nettement plus pratique, «personnellement je pense que ces feux n’ont pas de place. Depuis qu’ils sont installés, je travaille doublement ici. Avant, il est certes vrai que le travail n’était déjà pas facile mais les chauffeurs respectaient les ordres que nous leur donnions et il y’avait moins de bouchons.  Regardez par exemple là-bas (indiquant avec le doigt du coté du marché central) les voitures sont coincées et ne circulent pas facilement. Il faut en ce moment entrer dans la cabine et changer les feux à sa guise pour qu’il y ait moins d’embouteillages et moi je n’aime pas ca, je préfère diriger la circulation à l’extérieur comme je le fais en ce moment», témoigne l’une d’elles.

A titre de rappel cette nouveauté au sein de la police camerounaise est le fruit de la coopération entre le Cameroun et l’Italie. 

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info@journalintegration.com (Mercedes Beleheka (stagiaire)) Panorama Tue, 09 May 2017 04:11:18 +0000
Sécurité au travail: Dangote Cement Cameroon, le bon élève de la CNPS http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/799-securite-au-travail-dangote-cement-cameroon-le-bon-eleve-de-la-cnps http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/799-securite-au-travail-dangote-cement-cameroon-le-bon-eleve-de-la-cnps Séance de travail à Dangote

La politique de prévention des risques professionnels mise en place par le top management de cette cimenterie rassure les autorités camerounaises.

Ce 05 avril 2017, Le port du casque et de la chasuble est obligatoire pour tous les visiteurs de Dangote Cement Cameroon SA. La délégation de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) du Cameroun, conduite ce jour par son directeur technique, Florent Zibi Ondoua, ne déroge pas à cette mesure sécuritaire mise en place par les responsables des lieux. Paavo Wiro, le directeur général de la filiale camerounaise de la multinationale du milliardaire nigérian Aliko Dangote, accueille ses invités dans un cadre convivial. Ceci pendant trois heures d’échange marquant le lancement du mois de la prévention des risques professionnels dans le cadre de la 21e édition des Journées africaines de prévention (Jap). 

 

Exemplarité

Les agents de la Cnps ont déjà effectué deux inspections et deux contrôles ici pour se rassurer que la cimenterie respecte bien la législation en matière de prévoyance sociale. Le constat qui en découle est que Dangote Cement Cameroon ne fabrique pas que du bon ciment depuis 2015, ce qui lui a d’ailleurs permis de conquérir 50% du marché local en si peu de temps, mais mise également sur une ressource humaine en bonne santé. Toutes les dispositions ont été prises pour satisfaire les 700 personnes (parmi lesquelles 80% de camerounais) que la cimenterie embauche. 

Concrètement, pour éviter les accidents routiers, il y a des bus qui transportent les employés jusqu’au lieu du service, une clinique avec des infirmières a été construite pour administrer les soins aux accidentés et malades de l’entreprise, ainsi qu’une cantine au sein de la société «pour bien manger et ne pas tomber malade… car ce n’est pas sécurisant de manger dehors», se réjouit Paavo Wiro, qui garantit également des assurances maladie et blessures à son personnel. Grosso modo, Dangote Cement verse ses cotisations à la CNPS pour le bien de ses travailleurs. En plus de cela, pour lutter contre les incendies qui pourraient se produire sur les lieux du travail, l’entreprise dispose des bouches d’incendie, des véhicules pour lutter contre les flammes, et des extincteurs,... 

 

Régression des accidents de travail 

Le constat du Bureau international du travail (BIT) donne des sueurs froides. L’institution révèle en effet que toutes les 15 secondes, un travailleur décède des suites d’un accident de travail, pendant que 164 accidents de travail sont enregistrés sur la planète au même moment. Sur le plan local, la CNPS a résolu de combattre le mal à la racine en faisant des inspections et contrôles dans les entreprises les plus accidentogènes du Cameroun. Ce qui a permis de réduire considérablement le nombre d’accidents de travail au pays. Florent Zibi Ondoua, apprend que 1075 entreprises ont été visitées et contrôlées entre janvier 2014 et mars 2017. La caisse en a sélectionné 50 pour un suivi personnalisé allant de deux à trois ans.

 

Accompagnement

Pour accompagner ses opérations, 6 médecins au travail ont été recrutés et 18 autres préventeurs. Cette mobilisation de la CNPS vise à éradiquer définitivement le nombre d’accidents de travail. Ses responsables ont encore en mémoire le bilan des trois dernières années. En 2014, notre pays a enregistré 164, 518 en 2015 et 109 en 2016. Il y a eu une baisse considérable d’accidents l’année passée. Mais la CNPS ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle poursuit ses campagnes de sensibilisation sur le terrain malgré les obstacles qui s’y opposent. Notons que c’est depuis 1996 que le Cameroun organise les Journées africaines de prévention des risques professionnels, qui répondent à un appel lancé en 1994, à Ouagadougou (Burkina Faso) par les directeurs généraux des organismes nationaux de sécurité sociale des pays francophones d’Afrique, réunis au sein de l’Interafricaine de Prévention des risques professionnels (IAPRP). 

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info@journalintegration.com (Didier Ndengue) Panorama Fri, 05 May 2017 06:29:51 +0000
Enseignement professionnel: Yaoundé a son atelier de fabrication numérique http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/798-enseignement-professionnel-yaounde-a-son-atelier-de-fabrication-numerique http://www.journalintegration.com/index.php/panorama/item/798-enseignement-professionnel-yaounde-a-son-atelier-de-fabrication-numerique Une vue d’Ongola FabLab

Fruit du partenariat entre la Fondation Orange et l’AUF, l’infrastructure est ouvert au public depuis la semaine dernière. 

«Ongola FabLab» c’est son nom : Ongola pour Yaoundé et FabLab pour la contraction de l’anglais Fabrication Laboratory qui désigne un atelier de fabrication numérique ouvert au public. Niché au cœur du campus numérique de l'Agence universitaire de la francophonie (AUF) au quartier Ngoa-Ekelle, il a été inauguré le 06 avril dernier par le ministre camerounais de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo. 

A l’occasion, l’on a pu découvrir les  cinq pôles de  création et de formation que compte cet atelier. Il s’agit de la modélisation et l’impression 3D ou ordinateurs de modélisation, logiciels, scanners et imprimantes 3D sont disponibles ; de la création en 2D et la fabrication ou l’on peut faire du découpage laser et vinyle ; de la couture notamment à l’aide d’une brodeuse numérique ; de la programmation et le petit électronique ou l’on retrouve des appareils comme des robots Thymio et du petit artisanat numérique du bois avec à porter une fraiseuse à commande numérique. 

Ongola FabLab, c’est l’une des retombées de la collaboration entre le groupe français de  télécoms Orange et l’Agence universitaire de la francophonie (AUF). Jean-Paul de Gaudemar, le recteur de l’AUF et Brigitte Audy, secrétaire générale de la Fondation Orange ont signé un accord de partenariat le 31 mars dernier à Paris. Il porte sur le développement du e-learning dans le milieu scolaire et universitaire en Afrique francophone. À travers ce partenariat, la multinationale s’est engagée à fournir à l’AUF son expertise en matière d’équipements et de connectivité afin d’améliorer l’accès des apprenants à un enseignement de qualité, adapté au besoin du monde professionnel et de l’entrepreneuriat. 

 

Jeunes défavorisés

Le projet Ongola FabLab vise en effet, à développer les compétences numériques des jeunes : «Ces ateliers de fabrication numériques (FabLab) nous ont semblé très pertinents pour offrir aux jeunes en échec scolaire, un nouveau mode d’apprentissage, basé sur le faire et le partage. Cette approche est un bon moyen  de leur redonner confiance et de valoriser beaucoup plus leur potentiel de créativité. Par ailleurs, c’est une opportunité pour ces jeunes de découvrir de  nouveaux métiers liés au numérique pour la construction de leur projet professionnel», explique Brigitte Audy.

Pour que cet atelier voit le jour, le groupe a investi 87 500 euros (plus de 57 millions de francs CFA). Il devra également soutenir son fonctionnement pour «garantir la gratuité d’accueil pour les jeunes sans qualification et en difficulté» dont la sélection a été confiée à l’Association enfants, jeunes et avenir (Asseja). A charge à l’AUF, qui héberge le FabLab, de le faire fonctionner et d’imaginer le business model permettant de garantir sa pérennité. Et même là aussi, la Fondation Orange n’exclut pas un appui : «en fonction des projets pédagogiques que les FabLab pourraient  présenter, nous pouvons envisager un nouveau soutien», indique la secrétaire générale de la fondation.

Cet investissement de la Fondation Orange s’inscrit dans le cadre de son programme international de «FabLabs solidaires». Lancé en 2015, le programme dispose d’un budget global de 2,3 millions d’euros (plus de 1,5 milliard de francs CFA) soit en moyenne 9% du budget de la fondation.  En 2017, elle compte investir un million d’euros (soit près de la moitié du budget global) pour construire 4 nouveaux FabLabs solidaires à l’international et déployer des parcours de formation labellisé Fondation Orange dans 14 FabLabs en France. A ce jour, la multinationale française des télécoms revendique 60 FabLabs solidaires fonctionnels pour 8000 personnes formées.

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info@journalintegration.com (Aboudi Ottou) Panorama Fri, 05 May 2017 06:24:39 +0000
Cameroun-Chine: bientôt la suppression du visa d’entrée http://www.journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/ambassades/item/795-cameroun-chine-bientot-la-suppression-du-visa-d-entree http://www.journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/ambassades/item/795-cameroun-chine-bientot-la-suppression-du-visa-d-entree Paul Biya et l’ambassadeur de Chine au Cameroun

Dans son esprit, le projet de loi déposé le 05 avril 2017 dans les deux chambres du parlement camerounais renforce la ligne tracée par l’accord signé en juillet dernier par Pékin et Yaoundé.

A partir du Cameroun ou de la Chine, la circulation des ressortissants des deux pays va bientôt connaître un nouveau palier. Lejeune Mbella Mbella l’a laissé entrevoir face aux députés la semaine dernière. A l’hémicycle de Ngoa-Ekelle (Yaoundé), le ministre camerounais des Relations extérieures (Minrex) est allé défendre un projet de loi. Il s’agit de celui autorisant  le président de la République à ratifier l’accord entre le Cameroun et la Chine relatif à la suppression réciproque de l’obligation de visa pour les détenteurs de passeports diplomatiques ou de service. « Cet accord vise trois objectifs. D’abord renforcer la coopération diplomatique entre le Cameroun et la Chine. Ensuite, renforcer l’état de nos relations de coopération bilatérale. Enfin, il s’agit d’ouvrir le boulevard pour la réalisation de grands projets chinois dans notre pays et l’ouverture de nos compatriotes vers la Chine pour le renforcement des capacités», a déclaré le Minrex face aux parlementaires. « En clair, a-t-il ajouté, il y a le renforcement de la coopération diplomatique entre deux pays qui entretiennent des liens vieux de 46 ans. Ensuite la consolidation des rapports bilatéraux entre le Cameroun et la Chine. Il s’agit enfin de faciliter la réalisation des grands projets de la Chine dans notre pays en même temps qu’il faut faciliter les mouvements des Camerounais en direction de la Chine, dans le but de renforcer leurs capacités». Tout est par ailleurs mis en œuvre entre les deux parties pour éviter tout dérapage dans l’application de l’accord signé le 07 juillet 2016 à Yaoundé. 

Trois grands points guident la nomenclature dudit document. Il s’agit premièrement d’une disposition encadrant les mouvements des ressortissants des États parties non accrédités sur le territoire de l’autre partie. Ces derniers pourront alors entrer sur le territoire de l’autre État, y transiter, y séjourner, ou en sortir sans visa, pour une durée ne dépassant pas 30 jours.

En deuxième  lieu, il y a celle permettant aux détenteurs de passeports diplomatiques ou de service, membres d’une mission diplomatique, d’un poste consulaire ou d’une mission, qui pourront entrer sur le territoire dudit État ou y séjourner, pendant la durée de leurs fonctions sans visa, à condition que les procédures d’accréditation usuelles soient accomplies dans les 30 jours de leur première installation.

La troisième et dernière disposition traite du déplacement des membres du gouvernement et assimilés, ainsi que les officiers supérieurs ayant au moins le grade de général.

On se souvient des paroles de Wei Wenhua en janvier dernier. Au sortir d’une audience à lui accordée par Paul Biya, le président camerounais, le diplomate chinois avait expliqué que «face à la conjoncture internationale jugée complexe, les autorités de son pays et celles du Cameroun mettraient tout en œuvre pour porter sans cesse la coopération stratégique sino-camerounaise à un niveau plus élevé, afin de contribuer davantage au bien-être de leurs deux peuples». Avec l’introduction d’un projet de loi tel que celui évoqué supra, on peut lire la concrétisation de ces propos. 

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info@journalintegration.com (Jean-René Meva’a Amougou) Ambassades Thu, 04 May 2017 03:11:25 +0000
Extension du Port de Kribi: Confusion sur le coût du projet http://www.journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/cameroun/item/796-extension-du-port-de-kribi-confusion-sur-le-cout-du-projet http://www.journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/cameroun/item/796-extension-du-port-de-kribi-confusion-sur-le-cout-du-projet Une vue du port de Kribi dans sa première phase.

D’un document à l’autre, le montant de la phase II passe de 373,524 milliards de FCFA à 484,32 milliards de FCFA.

Sur la fiche technique du projet, remis aux journalistes la veille de la cérémonie de signature des conventions entre le gouvernement camerounais et Eximbank China par le service de presse du ministère de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), on peut y lire : «Coût global du projet : 793. 623. 519, 65 USD soit environ 373, 524 milliards de francs CFA».

Ce montant est proche de celui qui figure dans un document remis aux hommes de médias par le même service de presse le 10 juin 2016 à l’occasion d’une visite du Minepat, Louis Paul Motaze, au port de Kribi. Il y venait présider la «cérémonie de signature de la convention de financement de la première phase du projet d’approvisionnement en eau potable du complexe industrialo-portuaire de Kribi». Dans ce dossier de presse, on apprend en effet que les coûts des travaux de la seconde phase du port «s’élèveront à 793 M$ USD». «Ils seront financés selon les modalités ci-après : 85% soit 674 M$ pris en charge par un prêt d’Eximbank China ; 15% soit 119 M$ par les fonds de contrepartie de l’Etat du Cameroun, pris en charge  intégralement par l’opérateur du terminal à conteneur.»

 

Valeur du dollar 

Le 05 avril dernier dans son discours lors de la cérémonie de signature des conventions de prêt avec Eximbank, le Minepat s’est abstenu de donner le montant global du projet (que ce soit en franc CFA ou en dollar). Mais en totalisant les chiffres annoncés par Louis Paul Motaze dans son discours (accord de prêt préférentiel crédit-acheteur d’un montant de 547.079.991,70 USD soit environ 326,42 milliards francs CFA; accord de prêt concessionnel d’un montant d’un milliard de Yuan RMB soit environ 89,4 milliards francs et la contrepartie d’un montant de 119 043 057, 94 USD, soit environ 68,5 milliards de francs CFA), le coût global du projet se chiffre finalement à 484,32 milliards de francs CFA. Ce montant est de 110, 796 milliards de francs CFA supérieur à celui contenu dans la fiche technique.

Ce surenchérissement du coût du projet en francs CFA s’explique par la valeur du dollar donnée d’un document à un autre et souvent d’une opération à une autre dans le même document par les services du Minepat. Dans la fiche technique, pour la conversion du coût global du projet du dollar en francs CFA, les services de Louis Paul Motaze évaluent un dollar à 470,66 francs CFA et lorsqu’il faut convertir la valeur du crédit-acheteur, le dollar passe à 596,66 francs CFA. Le même constat est observable dans le discours du ministre où un dollar vaut tantôt 596,66 francs CFA (lorsqu’il s’agit du crédit-acheteur) tantôt 575,42 francs CFA (lorsqu’il s’agit de la contrepartie). Au regard de l’impact que la valeur du dollar peut avoir sur le coût final du projet, les services du Minepat devraient expliquer à quoi obéissent ces changements dans l’évaluation du dollar. 

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info@journalintegration.com (Aboudi Ottou) Cameroun Wed, 03 May 2017 00:00:00 +0000
Lions indomptables: Quand la feuille de match du joueur X fait foi http://www.journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/cameroun/item/797-lions-indomptables-quand-la-feuille-de-match-du-joueur-x-fait-foi http://www.journalintegration.com/index.php/les-sept-jours/cameroun/item/797-lions-indomptables-quand-la-feuille-de-match-du-joueur-x-fait-foi Lions indomptables: Quand la feuille de match du joueur X fait foi

Depuis 1990, chaque expédition de l’équipe camerounaise de football est suivie d’au moins un rapport dressé par les agents des services spéciaux du pays.

Ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep), ce 04 avril 2017. La présence de deux personnages offre une surprise aux hommes de médias postés dans la cour étriquée de l’institution. Maxime Léopold Eko Eko (le directeur général de la Direction générale à la recherche extérieure, DGRE) et le Général Daniel Elokobi Ndjock (directeur central de la coordination à la gendarmerie nationale) sont là. Dans la salle de réunion du cabinet du Minsep totalement investie par le « Bruxelles gate » (la série de scandales ayant pollué le récent séjour des Lions indomptables dans la capitale belge), leur entrée prend à revers tout le monde. Sauf quelques-uns chez qui rayonnent des arguments du déjà-vu. «Beaucoup de choses ont été dites à Bruxelles. Chaque maillon de la chaîne a sa version. Mais il y a surtout la version de ces gens. Comment ne pas comprendre leur présence ici?», s’interroge une journaliste habituée des expéditions avec les Lions indomptables. Au détour d’une phrase, un cadre du Minsep  renseigne sur ce qu’on appelle «le joueur X de la délégation», l’autre nom donné aux agents  des services spéciaux  qui, discrètement, travaillent à la lisière de l’équipe. 

 

Faits d’armes

«Cela date de 1990», souffle-t-il aux journalistes avant de fredonner autour des «bulletins de voyages que ces espions dressent à leur retour et qui font généralement foi quand les responsabilités doivent être établies». Il ajoute: «A Alger 1990, la tanière était comme une mer endiablée. A la coupe du monde en Italie, on a commencé à voyager avec des gens très sympathiques et cela s’est inscrit dans la durée», interrompt-il brutalement. Plongeant  ensuite dans les archives scandaleuses des Lions indomptables, notre interlocuteur affirme que c’est le rapport d’ambiance au sein de l’équipe camerounaise, concocté par les agents secrets au cours de la phase préparatoire de la coupe du monde italienne, qui a guidé Joseph Fofé (alors ministre de la Jeunesse et des Sports et chef de délégation du Cameroun) dans ses décisions. «Il me souvient qu’au cours d’une réunion là-bas, le ministre avait clairement dit à l’ensemble de l’équipe que même s’il n’est pas parmi eux, le président de la République reçoit chaque jour un journal très documenté sur toutes les affaires scabreuses et les scandales», appuie-t-il. 

A prendre les mots et leurs sens, cela souligne qu’en plus des joueurs, les staffs technique et administratif des Lions indomptables sont observés à la loupe par le «joueur X». Selon un agent de liaison plusieurs fois infiltré, «le champ de compétence induit des modes de fonctionnement qui ne font pas systématiquement appel à des méthodes de recherche opérationnelle. Les renseignements recherchés concernent tous les domaines de la vie au sein de l’équipe susceptibles d'entraîner des mouvements revendicatifs ou protestataires». Au finish, indique notre source, la «moisson» a débarqué bon nombre de coaches du banc de touche de la sélection fanion camerounaise: les nationaux Léonard Nséké et Jules Nyongha, le Belge Henri Dépireux, les Français Philippe Redon et Henri Michel, le Néerlandais Arie Hann et l’Allemand Volker Vinke. Des joueurs tels que Joseph-Antoine Bell et Samuel Eto’o Fils ont, eux-aussi, à leur temps, souvent été cités dans des rapports.

 

Attention

L’importance que Etoudi accorde aux «feuilles de matches sécrètes» est grande. En 2014 par exemple, le Cameroun quitte le mondial brésilien dès le premier tour avec un bilan catastrophique (03 défaites). La sélection camerounaise aura étalé au grand jour ses dissensions. Contre la Croatie, Alexandre Song a été expulsé pour avoir asséné un coup de poing dans le dos de l’attaquant Mario Mandzukic. À la fin du match, Benjamin Moukandjo et Assou-Ekotto ont failli en venir aux mains… Sur la base d’un rapport confidentiel à lui destiné, le président Paul Biya avait ordonné à son Premier ministre de mener des «investigations» sur cette débâcle. Selon des indiscrétions dignes de foi, Philémon Yang n’a pas hésité à «écouter les grandes oreilles du renseignement». Ces dernières, il faut le relever, n’hésitent pas, selon quelques analystes à verser dans le clientelisme, le chantage et la manipulation des faits.

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info@journalintegration.com (Jean-René Meva’a Amougou) Cameroun Wed, 03 May 2017 00:00:00 +0000